Toute rénovation exige une bonne dose de planification et couronne un processus de longue haleine. Une fois par mois, nous ferons découvrir des projets de diverses envergures qui pourraient donner des idées.

Publié le 26 janvier
Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Louise Laferrière et Gilles Drouin ont été séduits par le Domaine des Cèdres, à Orford, avant même d’y faire l’acquisition de leur habitation en copropriété. En tant qu’invités, ils y ont joué au tennis et s’y sont baignés, pendant un été. Lorsqu’ils ont eu vent qu’un condo allait être mis en vente, Mme Laferrière a été la première à vouloir l’acheter. Avant de s’engager, M. Drouin a posé une condition : il fallait qu’ils rénovent et agrandissent le logement.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Gilles Drouin et Louise Laferrière se sont retroussé les manches et ont activement participé à la rénovation complète de leur condo, à Orford.

Au départ, Louise Laferrière n’avait pas l’intention de se lancer dans d’importants travaux. Mais elle s’est rendue aux arguments de son conjoint, qui trouvait l’endroit trop petit. Il faut dire qu’ils habitaient depuis neuf ans dans une spacieuse demeure à Eastman, qu’ils avaient mise à leur goût. Mais l’entretien de la propriété, sur un terrain de trois acres, commençait à leur peser. Ils étaient mûrs pour un changement. Ils ont acheté le condo jumelé en novembre 2017 et en ont pris possession en février 2018.

L’avantage, c’est que le condo, construit vers 1981, n’avait jamais été rénové. Nous autres, ce n’était pas compliqué, il n’y avait rien qu’on aimait. Il y avait un gros tapis shaggy, plein de poussière. On a rempli trois petits conteneurs. C’était du sport.

Louise Laferrière, propriétaire

La cuisine, très petite, était entourée de murs, tandis que le plafond de bois était presque noir. « Il y avait un petit poêle au bois, qui chauffait l’intérieur, précise-t-elle. Ils appelaient ça des chalets, au départ. Ils avaient été faits pour des gens qui louaient, pour aller skier, mais ils étaient assez bien bâtis, sur une dalle de béton. Il n’y a pas de sous-sol, évidemment. Mais cela faisait notre affaire. »

  • Voici à quoi ressemblait le condo quand le couple en a fait l’acquisition. La cuisine était dissimulée derrière les murs rouges. Le poêle au bois n’a pas été remplacé. Un puits de lumière a été installé à l’endroit où sortait le tuyau.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUISE LAFERRIÈRE

    Voici à quoi ressemblait le condo quand le couple en a fait l’acquisition. La cuisine était dissimulée derrière les murs rouges. Le poêle au bois n’a pas été remplacé. Un puits de lumière a été installé à l’endroit où sortait le tuyau.

  • Gilles Drouin aime heureusement faire des travaux de rénovation, tout comme sa conjointe. Un escalier temporaire leur a permis d’atteindre la mezzanine en attendant que l’escalier définitif soit terminé.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUISE LAFERRIÈRE

    Gilles Drouin aime heureusement faire des travaux de rénovation, tout comme sa conjointe. Un escalier temporaire leur a permis d’atteindre la mezzanine en attendant que l’escalier définitif soit terminé.

  • Voici un plan du condo avant l’agrandissement et les rénovations.

    PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

    Voici un plan du condo avant l’agrandissement et les rénovations.

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Tous les deux à la retraite, ils ont mis leur temps à profit pour prêter main-forte à leur entrepreneur de confiance, Michel Perreault, à qui ils avaient déjà confié plusieurs projets. Le trio a tout dégarni à l’intérieur. Les travaux ont réellement commencé en mars, après qu’un premier test d’infiltrométrie a été fait afin d’identifier les fuites d’air. Cette évaluation énergétique a permis au couple de prendre des décisions éclairées et ensuite de tirer parti de deux programmes d’efficacité énergétique.

Ce réflexe était naturel pour Louise Laferrière et Gilles Drouin, dont l’ancienne demeure à Eastman était nulle autre que la fameuse maison EcoTerra, à l’efficacité énergétique exceptionnelle et visant le NetZéro. Celle-ci a été construite dans le cadre de l’Initiative de démonstration de maisons durables EQuilibrium, un concours pancanadien lancé en 2006 et piloté par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

De fond en comble

Pendant les premiers mois, ils ont fait le trajet Eastman-Orford (et l’inverse) matin et soir. Ils ont géré eux-mêmes les travaux, qui ont pris beaucoup d’ampleur. Tous les murs ont été abattus, sauf celui qui sépare la chambre secondaire du séjour, devenu immense. L’ancienne remise a été enlevée. Cela a permis de prolonger la dalle de béton afin d’aménager une spacieuse pièce de 14,10 pi (4,53 m) sur 12 pi (3,65 m). Celle-ci, dotée de deux fenêtres, fait dorénavant office de chambre principale. Une remise a été construite à l’arrière.

La cuisine est ouverte sur la salle à manger et le séjour. Dotée d’un îlot, elle longe le mur mitoyen du condo jumelé, tout comme la salle de bains principale, qui abrite une laveuse et une sécheuse.

Le plafond était par ailleurs suffisamment élevé pour ajouter une mezzanine. L’ancien grenier a été démoli et le toit a été isolé à l’uréthane. La mezzanine comporte une petite salle de bains avec une baignoire autoportante, un espace pour faire du bricolage et un coin télé.

De « bons » souvenirs

Louise Laferrière et Gilles Drouin rient en pensant à la poussière générée par celui qu’ils ont engagé pour nettoyer les volumineuses poutres de bois au plafond. Heureusement, c’était au début des travaux. Ils n’ont que de bons souvenirs des trois semaines où ils ont lavé la vaisselle dans un évier de fortune, à l’extérieur, parce qu’ils avaient accepté de devancer leur déménagement. « Il avait fait particulièrement beau, cet été-là », se souvient Mme Laferrière.

Même la période pendant laquelle M. Drouin s’est astreint à monter les diverses composantes de la cuisine IKEA trouve aujourd’hui grâce à ses yeux. « Au début, je ne comprenais rien, révèle-t-il. C’était à en pleurer. Il y avait 98 boîtes ! »

« Une chance, on avait un ancien voisin qui s’y connaissait. Je suis devenu un spécialiste des tiroirs. Maintenant, je suis bon », ajoute-t-il.

Il a fini la pose du plâtre dans la mezzanine quand celui qu’ils avaient engagé a eu des problèmes de santé. Le couple s’est par ailleurs démené pour obtenir suffisamment de carreaux de céramique pour recouvrir le sol de toutes les pièces du rez-de-chaussée, doté d’un plancher chauffant. La seule ombre au tableau ? Les fenêtres, qu’ils ont toutes remplacées, mais qui posent problème l’hiver.

Ils ont acheté au bon moment. La valeur de leur condo a explosé. Mais ils comptent y demeurer encore longtemps. « Être dans la nature, cela change tout », estime Mme Laferrière.

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Contactez-nous pour nous faire part de votre expérience

  • Baignée de lumière, la cuisine est ouverte sur la salle à manger et le séjour. Dotée d’un îlot, elle longe le mur mitoyen du condo jumelé.

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    Baignée de lumière, la cuisine est ouverte sur la salle à manger et le séjour. Dotée d’un îlot, elle longe le mur mitoyen du condo jumelé.

  • Un plancher chauffant électrique, à chaleur radiante, est la seule source de chaleur dans la maison. Les rayons du soleil apportent aussi leur contribution.

    PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

    Un plancher chauffant électrique, à chaleur radiante, est la seule source de chaleur dans la maison. Les rayons du soleil apportent aussi leur contribution.

  • Le condo est méconnaissable. L'intérieur a été décloisonné et une mezzanine a été ajoutée.

    PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

    Le condo est méconnaissable. L'intérieur a été décloisonné et une mezzanine a été ajoutée.

  • L’ajout d’une mezzanine a permis d’optimiser l’espace. L’escalier qui y mène a été réalisé par une entreprise locale.

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    L’ajout d’une mezzanine a permis d’optimiser l’espace. L’escalier qui y mène a été réalisé par une entreprise locale.

  • La mezzanine comporte une petite salle de bains avec une baignoire autoportante, un espace pour faire du bricolage et un coin télé, où Gilles Drouin s’installe notamment pour regarder des parties de football.

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    La mezzanine comporte une petite salle de bains avec une baignoire autoportante, un espace pour faire du bricolage et un coin télé, où Gilles Drouin s’installe notamment pour regarder des parties de football.

  • Voici un plan du condo après l’agrandissement et les rénovations.

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    Voici un plan du condo après l’agrandissement et les rénovations.

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En bref

Un incontournable : agrandir le rez-de-chaussée du condo jumelé

Un défi : coordonner les différents corps de métier, puisque le couple était maître d’œuvre

Un autre défi : monter les diverses composantes de la cuisine IKEA

Durée des travaux : environ six mois

Coût : environ 130 000 $

Aide financière par l’entremise de deux programmes d’efficacité énergétique : 12 000 $ (9000 $ + 3000 $)