Si mini soit-elle, une cuisine peut se métamorphoser en un espace de rêve esthétique et fonctionnel, grâce à des choix décoratifs soignés et à une organisation impeccable. Richard Ouellette et Maxime Vandal, des Ensembliers, Patrizia Giacomini, de chez Coquo, et Mélyssa Robert, de la firme homonyme, en font la démonstration.

Publié le 13 janvier
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Collaboration spéciale

Une cuisine exiguë doit, d’une part, être parfaitement planifiée pour répondre aux besoins pratiques de ses utilisateurs et, d’autre part, bien s’intégrer à son environnement. « Dans un petit espace, on essaie toujours de s’assurer de faire un concept visuel global. Chaque zone peut avoir sa personnalité, mais c’est une démarche complète en cohérence avec les autres aires de vie », informe l’architecte Maxime Vandal, qui codirige Les Ensembliers avec le designer Richard Ouellette. Il cite comme exemple la connexion entre les métaux des poignées de porte et la quincaillerie de la cuisine.

Il faut donc tenir compte de tout le reste du décor en faisant des choix sensés pour que l’effet soit à la fois fort et bien mesuré en fonction des volumes. « Si on veut une cuisine qui se fond dans l’espace, on va travailler plutôt avec une plaque à induction sans trop de détails et une hotte rétractable. Si, à l’inverse, on veut créer une cuisine de chef, on peut opter pour une hotte ornementale imposante et une cuisinière au gaz avec des boutons décoratifs. La nouvelle série d’électroménagers 24 po de JennAir est très intéressante parce qu’elle présente les mêmes qualités que de gros appareils, mais que ses dimensions conviennent aux petits espaces », fait remarquer Richard Ouellette.

PHOTO VIRGINIA MACDONALD, FOURNIE PAR LES ENSEMBLIERS

Un luminaire très graphique ainsi que des livres colorés et de beaux objets rangés dans des meubles ouverts attirent l’œil. Ces éléments forment une frontière cohérente entre la cuisine et le séjour.

Selon Les Ensembliers, une minicuisine représente une occasion d’aller vers des aménagements plus luxueux parce que tout est condensé.

« On peut faire des choses fantastiques et fonctionnelles dans des espaces réduits. Ce n’est pas parce que c’est réduit qu’on doit aménager avec de petits accents ; c’est plutôt l’inverse, et on peut, par exemple, opter pour un gros luminaire qui fait office d’œuvre d’art et vient produire un effet », explique M. Vandal.

Il faut aussi faire un tri éclairé afin de conserver uniquement les objets que l’on aime particulièrement et que l’on utilise souvent. Ceux qui servent au quotidien peuvent d’ailleurs être exposés sur des tablettes ouvertes afin de créer une dynamique parmi les armoires de cuisine.

L’intérêt d’un mobilier polyvalent

PHOTO HILARY ROBERTSON, FOURNIE PAR COQUO

Alterner des rangements fermés et des tablettes donne un côté vivant à la cuisine.

Patrizia Giacomini, designer chez Coquo, conseille également d’intégrer des tablettes dans une cuisine exiguë. « On épure pour garder l’espace dépouillé afin de mettre en valeur des objets qu’on aime. Ça peut être de la vaisselle, mais aussi des livres, des sculptures. »

Autoportant et polyvalent, le mobilier sur pattes de la marque Coquo convient bien aux espaces réduits. « Comme il s’agit de meubles à part entière, le look est moins standardisé qu’avec des cabinets classiques, et l’effet visuel entre la cuisine et l’aire de vie devient homogène. Je privilégie aussi une harmonie de teintes dans un lieu restreint, que ce soit monochrome ou contrastant, mais il faut toujours créer un fil conducteur. »

PHOTO FOURNIE PAR COQUO

En plus d’être invitant, un îlot mobile s’avère très utile dans un petit espace. Comptoir-lunch, plan de travail ou bureau, il multiplie les fonctions.

La designer précise que les comptoirs influent beaucoup sur le look d’une petite cuisine. « Même si les cabinets sont assez simples, on peut créer quelque chose de graphique et haut de gamme avec une pierre noble, agréable à regarder et à toucher. L’îlot donne aussi une tout autre allure et, s’il est mobile, on peut le bouger pour s’en servir à divers endroits, ce qui est très pratique dans un espace réduit. »

Autre bonne option si l’organisation le permet : créer une dépense où tout est dissimulé derrière une cloison. On peut y mettre des denrées alimentaires, de la vaisselle, mais aussi des petits électroménagers et même le réfrigérateur, à condition qu’il soit facile d’accès.

Optimiser les rangements

PHOTO RICHARD DUMOULIN, FOURNIE PAR MÉLYSSA ROBERT

L’introduction du noir, du fini bois, de la porcelaine posée en chevrons et des suspensions raffinées produit un contraste intéressant avec les murs blancs de cette maison neuve et y ajoute du cachet.

« Chaque choix mérite énormément d’attention dans un espace réduit, surtout s’il est ouvert, et il faut veiller à créer un effet dégagé et invitant », explique la designer Mélyssa Robert. Selon elle, on peut faire quelque chose de très beau même avec un budget restreint, à condition de sélectionner des éléments clés. Par exemple, un dosseret lustré à motif de chevrons magnifie un ensemble d’armoires épurées au fini mat et des luminaires en laiton apportent brillance et chaleur.

D’un point de vue pratique, elle suggère de choisir des armoires murales qui montent jusqu’au plafond pour optimiser l’espace et donner une impression de hauteur, et des tiroirs en bas pour maximiser le volume de rangement. « Les systèmes de hotte intégrée au micro-ondes s’avèrent une solution pour gagner de la place, et encastrer le réfrigérateur entre des panneaux d’armoire évite un effet massif », poursuit-elle.

PHOTO RAYMOND JALBERT, FOURNIE PAR MÉLYSSA ROBERT

Tout est bien rangé dans cette cuisine afin de laisser la vedette aux riches textures, qui apportent beaucoup de chaleur et correspondent au style ancien de la maison.

Respecter le style de la propriété reste une priorité pour créer une harmonie visuelle, et la designer donne l’exemple d’une maison centenaire canadienne dont la minuscule cuisine d’origine était fermée. « On a remplacé la cloison par un comptoir-lunch et on a choisi des accessoires, des comptoirs de granit et une hotte décorative noire pour rappeler la couleur de la quincaillerie des portes et des fenêtres. »

Elle a conservé le beau plafond de bois, mais l’a peint en blanc, puis a opté pour des façades d’armoires de style Shaker et un carreau métro, immaculés également, dans le but d’apporter de la luminosité à l’espace. « Quand il y a beaucoup de textures, c’est important de laisser le moins d’objets possible à la vue pour que ce soit le plus décoratif possible et que ça n’ait pas l’air encombré », conclut la designer.

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