Le Québec a connu une récolte record de sirop d’érable, malgré la pandémie de COVID-19 qui est venue assombrir la saison des sucres. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) en ont fait l’annonce dans un communiqué lundi.

La Presse canadienne

Ils estiment que la production s’est élevée à plus de 175 millions de livres de sirop d’érable pour l’ensemble de la province, comparativement à une moyenne de 120 millions de livres au cours des 10 années précédentes.

L’ajout de 2,3 millions d’entailles dans les deux dernières années peut permettre d’expliquer cette coulée exceptionnelle, avance-t-on.

Le printemps tardif y serait également pour quelque chose, car le rendement par entaille s’est établi à 3,59 livres en moyenne, contre 2,91 livres au cours des dix dernières années. Selon les PPAQ, les directives de la santé publique ont contraint les acériculteurs à réviser leurs manières de faire pour la livraison des barils de sirop d’érable, les ventes directes à la ferme, le nettoyage des équipements et les déplacements entre régions, entre autres. Plusieurs disent avoir dû se tourner vers le commerce en ligne pour vendre directement le sirop aux consommateurs.

« Cette drôle d’année restera sans aucun doute gravée dans nos mémoires et dans l’histoire de notre organisation ! », a déclaré Serge Beaulieu, président du regroupement de 11 300 producteurs et 7400 entreprises acéricoles.

Les PPAQ disent assurer environ 72 % de la production mondiale de sirop d’érable.

Mais si la production se porte mieux que jamais, la saison des sucres s’est révélée éprouvante pour les cabanes commerciales qui se fient beaucoup aux revenus générés par leur salle à manger, fermées en pleine haute saison pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. Du côté des acheteurs, le Conseil de l’industrie de l’érable (CIE) souligne que la demande pour les ventes au détail est demeurée « très forte jusqu’ici ». On espère néanmoins que le monde de l’hôtellerie et de la restauration, de même que les boutiques-cadeaux et les institutions, plus durement touchés par la crise sanitaire, recommenceront sous peu à s’approvisionner comme auparavant.