Les supermarchés ont du chemin à faire pour réduire l’utilisation de plastique, selon Greenpeace Canada.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Dans le cadre de sa campagne Vrac attaque, qui se tient cette semaine, l’organisme a mobilisé des volontaires et des membres du public pour visiter des magasins et supermarchés affiliés aux grandes chaînes (Loblaws, Sobeys, Metro, Walmart et Overwaitea Food Group) dans cinq grandes villes canadiennes, dont Montréal.

Son constat : l’offre de vrac, le recours aux emballages en plastique et la possibilité d’apporter ses contenants au comptoir des mets cuisinés varient d’une chaîne à l’autre et d’un magasin à l’autre au sein d’une même chaîne. Puisqu’il fait aussi campagne pour une diminution de la consommation de produits animaux, Greenpeace n’a pas mis à l’épreuve la politique des supermarchés concernant l’utilisation des contenants réutilisables aux comptoirs des viandes et des poissons.

Le but de notre démarche est de faire en sorte que le zéro déchet soit plus accessible. Si on veut avoir un impact, il est certain que ça ne peut pas continuer à être réservé à des petites épiceries qui sont dans les milieux urbains.

Agnès Le Rouzic, chargée de campagne Océans et Plastique chez Greenpeace Canada

Rappelons que plusieurs chaînes ont annoncé des mesures en ce sens au cours de la dernière année. Metro et IGA acceptent dorénavant les contenants réutilisables, à certaines conditions. Walmart Canada compte notamment éliminer les emballages de PVC et de polystyrène expansé « difficiles à recycler » pour tous les produits de ses marques maison d’ici 2025. Et Loblaw prévoit tester le système de contenants réutilisables Loop dès janvier, à Toronto.

« Il y a des petits pas qui ont été faits, du côté de Metro et IGA notamment, mais de retirer les sacs en plastique ou de permettre à la clientèle d’apporter ses contenants, ce n’est pas ça qui va régler le problème, poursuit Agnès Le Rouzic. Il faut des mesures plus importantes et à plus grande échelle pour qu’on ait vraiment une incidence sur la quantité de déchets plastiques qu’on génère. »

Dans un rapport dévoilé mardi, Greenpeace met de l’avant plusieurs mesures mises en place par des supermarchés à travers le monde, dont l’étiquetage des fruits et légumes au laser, l’utilisation de réfrigérateurs équipés de brumisateurs pour les conserver sans emballage et l’installation de balances en libre-service.

La porte-parole de Sobeys Québec, Anne-Hélène Lavoie, souligne que des brumisateurs (aussi appelés nébuliseurs) sont offerts dans les sections des fruits et légumes de certaines épiceries Rachelle-Béry et IGA du Québec, et pourraient être étendus à plus de succursales. « Ça représente des coûts, alors avant de faire des changements, on a fait des tests et ça fonctionne très bien », affirme-t-elle.

Elle ajoute que la réduction des emballages fait partie des défis auxquels Sobeys réfléchit. « La priorité est la sécurité alimentaire et la conservation, et parfois, pour certains produits, on n’a pas le choix. Avant de changer les choses, il faut s’assurer que tout fonctionne bien. Notre comité de développement durable travaille là-dessus. »

Tant chez IGA que chez Metro, des produits en vrac sont proposés, mais l’offre varie grandement selon les supermarchés. 

« On en a déjà, on en aura peut-être plus, note Geneviève Grégoire, chef des communications chez Metro. On a des engagements, certains sont ambitieux. On sait qu’il y en a qu’on va atteindre avant les délais qu’on s’est fixés. Mais pour atteindre des objectifs, il faut mettre des actions en place et le vrac est une des nombreuses avenues. » 

Dans sa « Politique de gestion des emballages et imprimés » adoptée en mai dernier, Metro s’engage notamment à « réduire le suremballage et les plastiques à usage unique dans les sections de produits frais » de ses magasins et à réduire de 50 % le nombre de sacs d’emplettes de plastique à usage unique dans ses enseignes d’ici à la fin de l’exercice 2023.