Cynthia Marcotte dit qu’elle a un « appétit d’ogresse ». La nutritionniste a appris à déterminer la multitude d’éléments qui ont des répercussions sur son organisme – et son appétit. Dans La faim : comment l’apprivoiser, elle présente ses connaissances (références scientifiques à l’appui) et une quarantaine de recettes colorées. « Les gens ont peur de la faim, constate-t-elle. Ils veulent essayer de l’étouffer. Mon but, c’est de les aider à prendre conscience que la faim n’est pas négative. » Elle peut être positive, si on en fait son alliée. Décryptage en six services.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Distinguer les faims

« Je grignoterais tout le temps, admet Cynthia Marcotte. J’ai tout le temps faim. Même quand je termine un repas, je serais parfois capable de manger encore plus. J’ai dû comprendre comment mon corps fonctionne. Est-ce que c’est un appétit qui est là parce que j’ai le goût de manger plus de cet aliment, parce que c’est savoureux, ou est-ce que j’ai physiologiquement faim ? » Pour se poser ces questions, il faut prendre un temps d’arrêt.

Bien mastiquer

« Prendre le temps de trouver des aliments qui nous plaisent, de les mettre en valeur dans une assiette, avec beaucoup de couleurs et de volume, puis de bien mastiquer, c’est important », observe Cynthia Marcotte. Elle suggère de choisir des aliments qui demandent une mastication vigoureuse : betteraves, carottes et panais crus, céleri, crucifères, ananas, pommes, noix, graines, boulgour, millet, riz brun, sarrasin rôti, etc. En ralentissant la cadence, le corps a le temps de signaler qu’on a assez mangé avant de faire des excès.

PHOTO ANDREW SCRIVANI, THE NEW YORK TIMES

Un mélange de poivrons, d’aubergine, de courge, de tomates et d’oignons à griller 

Miser sur les protéines

Pour contrôler ou réduire son poids, miser sur les protéines est une bonne stratégie. « Elles vont vraiment favoriser la satiété, ce qui permet d’avoir moins faim entre deux repas », explique Cynthia Marcotte. Si la faim nous tenaille tout de même, on peut manger une collation – en s’assurant qu’elle contient des protéines elle aussi. Attention de bien répartir les protéines tout au long de la journée, sans oublier le déjeuner. « Je favorise aussi le végétal, le plus possible », note la nutritionniste.

Augmenter l’apport en fibres

Les Québécois ne mangent pas assez de fibres. Les hommes en surpoids comblent 48 % de leurs besoins en fibres par jour (35 g), tandis que ceux qui ont un poids santé en comblent 58 %. C’est à peine mieux chez les femmes : elles sont 62 % (en surpoids) et 70 % (poids santé) à combler leurs besoins quotidiens en fibres (28 g). Les (peu sexy) fibres aident pourtant à combler la faim. « Quand on mange beaucoup de fibres, on est portés à manger moins aux repas, parce que ça nous bourre, indique Cynthia Marcotte. Ça donne le sentiment d’être plein. » Les fibres ont aussi des bienfaits sur la santé intestinale et réduisent les risques de développer certains cancers.

PHOTO ANDREW SCRIVANI, THE NEW YORK TIMES

Des morceaux d’oignons, des poivrons rouges, de l’ail et des jalapenos dans une rôtissoire

Oublier la gomme

Mâcher de la gomme pour repousser la faim peut sembler une bonne idée, bien que cette hypothèse n’ait pas été confirmée par les chercheurs. Chiquer favorise la concentration. Trop de gomme à mâcher entraîne toutefois divers désagréments (troubles digestifs, maux de tête, usure prématurée des dents, etc.). « De temps en temps, c’est correct, dit Cynthia Marcotte. Il ne faut cependant pas devenir obsédé par le fait de mastiquer de la gomme. Ce n’est pas une technique pour perdre du poids. »

Personnaliser les repas

La clé du succès, si on veut respecter sa faim et avoir une alimentation saine ? Personnaliser ses repas, répond Cynthia Marcotte. S’imposer de grandes restrictions ne mène nulle part. « Il faut ajuster les saveurs de ses repas selon ce qu’on aime manger, estime-t-elle. Il faut varier son alimentation, en fonction de ce qu’on a comme besoins. Et ne pas avoir peur d’essayer de nouvelles choses, par exemple l’amarante. » La jeune femme fait souffler les grains d’amarante comme du maïs soufflé, dans une casserole. « Je l’utilise en garniture, dans différentes recettes, témoigne-t-elle. C’est le fun ! »

PHOTO FOURNIE PAR LES ÉDITIONS LA PRESSE

La faim : comment l’apprivoiser, de Cynthia Marcotte, Les Éditions La Presse

La faim : comment l’apprivoiser, de Cynthia Marcotte, Les Éditions La Presse