Qu’est-ce qui devrait rester à la fin du dîner ? Un cœur de pomme. Pas une montagne de plastique. Beaucoup de solutions existent pour éviter de mettre des sacs, des ustensiles et des contenants jetables dans la boîte à lunch. Voici six trucs pour des dîners plus verts.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Un geste à la fois

« L’objectif, c’est de faire un petit pas vers l’avant, dit Sonia Lizotte, de L’Escouade culinaire. On n’est pas radical ! L’idée, c’est d’abord d’utiliser ce qu’on a déjà. Si on a un pot de marinade qui est terminé, on peut le réutiliser. Avec des petits trucs comme ça, on fait une différence sans que ça nous brime. Il faut juste y penser. » Pots de beurre d’arachides, de salsa, de confiture peuvent souvent se transformer, comme des Cendrillon de midi (pas de minuit).

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Pois chiches grillés, amandes et noix de Grenoble dans des contenants de médicaments réutilisés. Ce format est parfait pour les petits appétits des jeunes enfants et pour les collations denses en énergie.

Choisir le bon contenant

« J’ai trois types de contenants, que je choisis selon mon type de transport, mon lunch et le lieu où je vais le manger », explique Mélissa de La Fontaine, cofondatrice de la coopérative zéro déchet Incita. Les contenants en verre vont au micro-ondes et au four, mais ils sont lourds et cassables. Ceux en plastique sont légers, mais on peut préférer ne pas les mettre au micro-ondes. Quant à ceux en acier inoxydable, ils sont légers, ils vont au four… mais pas au micro-ondes. À chacun ses préférences.

L’affaire est dans le sac

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Sac réutilisable de Colibri Canada. Extérieur 100 % coton, doublure 100 % polyester. Sans BPA, sans plomb, sans nickel. Lavable à la machine à l’eau froide, séchage à basse température. 8 $ chez Loco. Tasse KeepCup, 340 ml. Sans BPA ni BPS. Va au micro-ondes et au lave-vaisselle (panier du haut). 19 $ chez Vrac & Bocaux.

De petits sacs lavables et résistants sont désormais offerts pour emballer crudités, craquelins, sandwichs, etc. « C’est vraiment pratique, dit Mélissa de La Fontaine, auteure de Tendre vers le zéro déchet, aux Éditions La Presse. C’est plus léger qu’un contenant et plus compact. Gros avantage sur les Ziploc : ils vont à la laveuse ! »

Pellicule de cire d’abeille

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Il existe plusieurs trucs pour préserver les aliments sans utiliser des sacs de plastique.

Aucune pellicule ni aucun sac de plastique n’ont été utilisés lors de la création du plus récent livre de recettes de Geneviève O’Gleman, Les lunchs. « C’est un défi qu’on s’est lancé, indique la nutritionniste. Des fois, on était un peu déstabilisés, parce qu’on a l’habitude d’en utiliser. Mais en emballant les sandwichs dans la pellicule de cire d’abeille, ils restent frais. » Comment préserver un gros sandwich fait dans une miche, comme le pan-bagnat ? « On a trouvé le truc : on l’a emballé dans un linge à vaisselle propre, répond Geneviève O’Gleman. Ça fonctionne super bien, le pain reste souple. »

Acheter d’occasion

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« Si jamais il nous manque des articles, le mieux est d’essayer de les trouver usagés », suggère Mélissa de La Fontaine.

« Si jamais il nous manque des articles, le mieux est d’essayer de les trouver usagés, suggère Mélissa de La Fontaine. On peut regarder autour de nous si des gens en ont dont ils ne se servent plus, chercher sur Kijiji, sur des groupes d’échange sur Facebook ou dans les friperies. » Eh oui : on trouve souvent des pots Mason dans les friperies, assure-t-elle. Autre option : fabriquer soi-même certains éléments, comme les serviettes de table lavables qui peuvent être taillées et cousues dans un tissu qu’on possède déjà.

Privilégier l’achat local

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Sacs à collation de La fabrik éco. En polyuréthane laminé sans BPA, ni plomb, ni phtalates, ni formaldéhyde. Lavable à la machine, suspendre pour sécher. 8 $ chacun chez Vrac & Bocaux

Si on ne trouve pas son bonheur dans le seconde main, ou que c’est trop demander, « acheter neuf, ce n’est pas le démon », dit avec humour Mélissa de La Fontaine. « J’ai acheté un sac fait au Québec, que je réutilise depuis longtemps, parce que je savais que ça me serait utile, illustre-t-elle. Ne vous rendez pas à l’épicerie zéro déchet pour acheter toutes les patentes zéro déchet. Chaque personne doit évaluer ce qui fonctionne pour elle et ce dont elle a besoin. »