Selon la mairesse de Montréal, Valérie Plante, l’absence de changement dans le portrait à la Chambre des communes signifie que les citoyens ont « besoin de stabilité ». Mais son adversaire dans la course à la mairie, l’ancien maire Denis Coderre, affirme que c’est son parti, Ensemble Montréal, qui est le plus susceptible d’apporter cette stabilité à la population.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« J’y vois un besoin de stabilité », a souligné Mme Plante en conférence de presse mardi matin, réagissant à l’élection à Ottawa d’un nouveau gouvernement libéral minoritaire.

« Je comprends que les Canadiens, les Québécois, les Montréalais souhaitent se concentrer sur le plus important, c’est-à-dire passer à travers la COVID, la relance économique, la sécurité. Ils veulent se concentrer sur des enjeux qui leur sont chers, comme l’habitation et l’environnement. »

Denis Coderre, en point de presse quelques minutes plus tard, n’a pas manqué de donner son avis sur la question.

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Denis Coderre

« Si on veut la stabilité, ça prend les bonnes personnes aux bonnes places », a-t-il fait remarquer. « Ça veut dire que si vous voulez la sécurité, vous avez besoin d’une équipe qui connaît ça. Si vous voulez parler d’habitation, il faut être capable de livrer la marchandise. C’est notre équipe qui a les compétences, l’efficacité, l’expertise. »

Les mêmes priorités

Valérie Plante s’est dite satisfaite de l’élection d’un gouvernement fédéral libéral, avec lequel elle veut continuer de travailler pour faire avancer ses priorités, soit le contrôle des armes à feu, le logement social et la relance économique.

Avec les maires des cinq plus grandes villes du Québec, la mairesse de Montréal a l’intention de continuer de talonner les libéraux de Justin Trudeau pour obtenir le bannissement des armes d’assaut et des armes de poing.

Devant la multiplication des fusillades à Montréal, qui suscite de plus en plus d’inquiétude parmi la population, elle répète qu’Ottawa doit agir pour empêcher les armes d’entrer au pays. « Ça ressemble à une passoire présentement aux frontières », a-t-elle déploré. « Si chaque fois que les policiers sur le terrain enlèvent une arme, il y en a dix qui rentrent, c’est comme un coup d’épée dans l’eau. »

Mme Plante s’est aussi réjouie de voir que le Parti conservateur n’avait pas réussi à prendre le pouvoir. « De mon point de vue, le fait que ce parti, il n’y a pas si longtemps, ne reconnaissait même pas les changements climatiques, c’était un non-sens pour moi et ça m’inquiétait, parce qu’on met tellement d’efforts pour combattre les changements climatiques », a-t-elle mentionné.

Denis Coderre a fait valoir qu’un gouvernement fédéral minoritaire risque d’être plus ouvert aux demandes des politiciens municipaux.

Il a rappelé que, puisqu’il a été ministre libéral à Ottawa pendant plusieurs années, il connaissait plusieurs membres de l’équipe de Justin Trudeau, ce qui le placerait en bonne position pour faire valoir les besoins des Montréalais auprès du gouvernement fédéral.

Il entend notamment négocier avec Ottawa pour obtenir un demi-point de pourcentage de la taxe sur les produits et services (TPS), ce qui rapporterait environ 200 millions à la métropole.