(Québec) Le premier ministre François Legault est « le grand perdant » des élections fédérales et le Québec a un rapport de force affaibli face à Ottawa, estime l’opposition à l’Assemblée nationale.

Mis à jour le 21 sept. 2021
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Pour la cheffe libérale Dominique Anglade, M. Legault a « parié gros » avec sa prise de position durant la campagne et « il a perdu ».

« Il a entraîné tous les Québécois dans sa défaite », alors que le rapport de force du Québec « en a pris un coup par rapport au gouvernement fédéral », a-t-elle ajouté lors d’un point de presse mardi. Selon elle, « il faudra rebâtir les ponts avec le fédéral » en raison de l’intervention de M. Legault durant la campagne.

Dans une sortie inusitée pour un premier ministre du Québec durant une campagne fédérale, il avait montré son penchant clair pour un gouvernement conservateur minoritaire et avait demandé aux électeurs québécois de se « méfier » de Justin Trudeau dont le programme est « centralisateur » et « dangereux ».

Pour le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, « il n’y a pas eu d’effet Legault » lundi soir. « C’est un retour à la réalité » pour le premier ministre, qui « s’est mis les pieds dans les plats » avec son intervention, « a perdu ses élections et doit en prendre note ».

« François Legault avait choisi le Parti conservateur du Canada avec tout ce que ça représente comme valeurs. Les Québécois ont fait des choix différents. Je pense que ça en dit beaucoup sur le Québec et ce que sont vraiment les valeurs québécois », a-t-il soutenu, une semaine après une passe d’armes avec le premier ministre sur cette question.

Il aimerait être « une petite mouche dans la pièce le premier moment où François Legault va discuter avec Justin Trudeau ». « Ça va être une discussion assez particulière ! » a-t-il lancé.

Selon lui, il faut maintenant « regarder en avant », « défendre le Québec ». « Ce ne sera pas facile après ce qu’a décidé de faire François Legault, mais il faut créer des consensus forts au Québec notamment sur la question de l’environnement », a-t-il dit. « La principale menace » qui se profile selon lui, c’est « l’intention de Jason Kenney (premier ministre albertain, NDLR) de faire passer des pipelines au Québec ». Il s’inquiète qu’un organisme financé par le gouvernement de l’Alberta veuille lancer une campagne pour défendre le secteur pétrolier à travers le pays. Il demande à Justin Trudeau de ne pas appuyer M. Kenney dans ses démarches. Il faut un « front commun » contre ce projet, a-t-il ajouté.

Il réclame également que le gouvernement Trudeau respecte les champs de compétence du Québec. « La santé doit rester la prérogative totale du gouvernement du Québec », a-t-il affirmé.

De son côté, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, croit lui aussi que « la personne qui a le plus perdu » est François Legault. « Il ne vous le dira pas, mais c’est un échec pour François Legault et la CAQ, et cet échec-là, malheureusement, il lie tous les Québécois. Déjà, la doctrine de fédéralisme de François Legault n’obtenait que des échecs auprès d’Ottawa », a-t-il déploré.

Avec l’élection d’un gouvernement minoritaire libéral, le premier ministre du Québec se retrouve donc, selon lui, dans « un cul-de-sac » alors que M. Legault ne « sera plus en mesure de négocier » avec Ottawa.

Selon le Parti québécois, le Bloc québécois - qui n’a pas atteint la visée de son chef de gagner 40 sièges - ressort gagnant des élections alors qu’il est en voie d’ajouter deux sièges au Québec (Trois-Rivières et Brome-Missisquoi).