(Ottawa) Les élections de lundi ne sont pas terminées pour tout le monde. À travers le pays, des candidats attendaient encore mardi de connaître le verdict des électeurs. De son côté, Justin Trudeau a été félicité par le président des États-Unis, Joe Biden, pour sa victoire électorale.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Au Québec, le suspense perdurait, mardi, dans quelques circonscriptions. Celles de Trois-Rivières et de Brome-Missisquoi, en particulier, demeuraient extrêmement serrées.

À Trois-Rivières, le bloquiste René Villemure et le conservateur Yves Lévesque sont au coude-à-coude. Le porte-bannière du Bloc québécois, un éthicien, jouit d’une avance de 33 voix sur son adversaire rival du Parti conservateur, ex-maire de Trois-Rivières. Cette circonscription était détenue par la bloquiste Louise Charbonneau, qui a décidé de ne pas se représenter.

La bataille de Brome-Missisquoi n’est pas non plus réglée. Ici aussi, on parle d’une circonscription qui était orpheline de député sortant, la libérale Lyne Bessette ayant choisi de céder sa place. Celle que le parti a sélectionnée pour la remplacer, l’ancienne leader syndicale Pascale St-Onge, accuse un retard de 147 voix sur sa concurrente du Bloc québécois, Marilou Alarie.

Si l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire ne fait pas de doute, la composition exacte de la Chambre des communes de la 44législature reste à confirmer. Le dépouillement des bulletins de vote spéciaux, dont ceux qui ont été envoyés par la poste, étant plus long, il faudra attendre encore un peu avant d’être fixé. Le comptage a débuté mardi, et pourrait s’échelonner sur quatre jours.

Ailleurs au pays, d’autres duels gardent des candidats (et leur parti) en haleine.

Au Nouveau-Brunswick, on suit étroitement la transfuge libérale Jenica Atwin, qui avait été élue en 2019 sous la bannière du Parti vert dans Fredericton. Elle a une courte avance de 499 voix sur sa rivale conservatrice Andrea Johnson, mais elle est très loin devant la candidate de son ancienne formation, Nicole O’Byrne.

Du côté d’Edmonton-Centre, en Alberta, le sort du libéral Randy Boissonnault n’est toujours pas scellé. Nul doute que le Parti libéral aimerait qu’il revienne à la Chambre des communes, où il a siégé de 2015 à 2019, et qu’il fasse ainsi passer à deux le nombre d’élus albertains libéraux en ajoutant son nom à celui de George Chahal, victorieux dans Calgary-Skyview.

Un dépouillement judiciaire est obligatoire si le nombre de votes séparant le candidat qui a reçu le plus grand nombre de votes de tout autre candidat est inférieur à un millième (1/1000) des votes valides, d’après les règles établies par Élections Canada. Les candidats peuvent en réclamer un si ce seuil automatique n’est pas atteint.

Au moins 59 % des Canadiens ont exercé leur droit de vote, d’après les données préliminaires disponibles mardi après-midi sur le site d’Élections Canada. Ce pourcentage exclut toutefois les électeurs qui se sont inscrits le jour même du scrutin, et il devrait donc s’avérer plus élevé.

En 2019, le taux de participation s’était établi à 67 %.

Trudeau s’entretient avec Biden

Au lendemain du jour des élections, Justin Trudeau est rentré à Ottawa. Il ne s’est pas adressé aux médias ; il attend que le décompte des votes se termine, selon ce qu’a indiqué son équipe. Entre-temps, le chef libéral a eu un entretien avec le président des États-Unis, Joe Biden, qui l’a félicité de sa victoire électorale.

« Le président a dit au premier ministre Trudeau son désir de continuer à travailler en étroite collaboration et à approfondir la collaboration avec le Canada, l’un des principaux partenaires de notre pays », lit-on dans un compte rendu de l’échange publié par la Maison-Blanche, mardi.

Tôt mardi matin, vers 7 h 50, le chef libéral s’était rendu à la station de métro Jarry, dans sa circonscription de Papineau, pour remercier ses électeurs. Il a serré des mains et pris des égoportraits avec ceux qui en réclamaient, jusqu’à 8 h 15.

Avec Jean-Thomas Léveillé et Mayssa Ferah, La Presse