Alexandre Boulerice demeurera le visage du Nouveau Parti démocratique au Québec.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Le député de Rosemont–La-Petite-Patrie, unique député sortant de son parti dans la province, a facilement été réélu, décrochant un quatrième mandat de suite dans la circonscription du centre de l’île de Montréal qu’il détient depuis 2011.

À l’évidence, les Québécois ne sont toujours pas tombés amoureux de Jagmeet Singh, chef de la formation. Au moment où ces lignes étaient écrites, le NPD semblait se diriger vers une récolte de voix semblable à celle de 2019. Pour sa part, M. Boulerice récoltait presque la moitié des suffrages dans sa circonscription, une nette augmentation par rapport au dernier scrutin (42,3 %), s’approchant même de sa performance de 2011, alors que la vague orange lui avait donné 51 % des votes.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Alexandre Boulerice et sa conjointe Lisa Djevahirdjian

Après sa victoire, dont il s’est dit « ému », Alexandre Boulerice a souligné que le Parti libéral de Justin Trudeau avait désormais une « obligation de résultat », et ce, après des élections « qui n’étaient pas nécessaires » et qui se sont soldées par une division de la Chambre des communes semblable à celle qui prévalait avant la campagne.

« On ne va quand même pas recommencer le même cycle dans 18 ou 24 mois », a prévenu M. Boulerice. Avec de 25 à 30 sièges, qui lui donnent sans équivoque la balance du pouvoir devant un gouvernement minoritaire, le caucus du NPD va « s’asseoir [avec les libéraux] et essayer d’être constructif pour faire avancer les choses », a-t-il promis. « C’est le mandat qu’on s’est fait donner ce soir. »

Après un an et demi de pandémie, le prochain gouvernement devra engager la relance économique du pays, a-t-il rappelé. « Ça veut dire : qui va payer la facture ? Vous, votre voisin et votre famille, ou Jeff Bezos et Netflix ? », demande M. Boulerice.

Le NPD, souligne-t-il, sera intraitable en matière de justice fiscale et à l’égard de la crise climatique.

Dans un discours plutôt succinct, Jagmeet Singh a promis que son parti allait « continuer de se battre » pour les promesses qu’il a formulées en campagne, notamment pour « s’assurer que les ultrariches paient leur juste part » ainsi que pour améliorer les conditions de vie des collectivités autochtones. « Nous vous avons entendus, nous vous voyons, nous allons tout faire pour vous aider », a-t-il lancé, avant d’enchaîner avec un appel à l’unité du pays. « Quand l’autre est blessé, cela nous affecte, mais quand on se soutient, chacun s’élève », a-t-il illustré.

Petit caucus

Avec une probable représentation d’un seul député, le caucus demeure famélique à l’échelle de la Chambre des communes, mais également par rapport à l’époque, tout de même récente, qui a élu 59 députés dans la province.

Faire cavalier seul au Québec représente « beaucoup de travail », a convenu M. Boulerice. « Je l’ai fait depuis deux ans, j’ai l’énergie et la volonté de continuer à me battre pour les gens et à aller chercher des résultats. »

Du reste, le député québécois rappelle que feu Jack Layton, capitaine de la vague orange de 2011, « avait eu besoin de quatre élections » avant de s’imposer dans la province. Il persiste à croire que le message de Jagmeet Singh « résonne » dans la province, et que le parti demeure « capable de grandir » avec son chef actuel.

« Plus les gens vont le connaître, plus ils vont l’apprécier », a encore dit M. Boulerice, qui rappelle que l’objectif de son parti demeure de former un gouvernement néo-démocrate.

M. Singh, justement, a exprimé, en français, la promesse aux Québécois que « peu importe le nombre de députés », il allait « continuer de se battre » pour eux, reprenant ainsi les grandes lignes de son discours.