(Kitchener ) L’ex-responsable du groupe de travail sur la vaccination en Ontario, Rick Hillier, donne son appui à Erin O’Toole. Mais le général à la retraite appelle du même coup les candidats conservateurs, qui refusent en majorité de donner leur statut vaccinal, à « donner l’exemple ».

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce n’est pas un problème pour moi. Nous avons encore beaucoup de gens dans ce pays qui ne sont pas vaccinés, mais les chiffres s’améliorent chaque jour. […] J’encourage tous les candidats à donner l’exemple et à se faire vacciner », a plaidé M. Hiller lors d’un bref point de presse, en marge d’un rassemblement conservateur à Kitchener, dans le sud-ouest de l’Ontario.

Il réagissait ainsi à un texte du Globe and Mail qui révélait vendredi que seulement 15 % des candidats conservateurs révèlent leur statut vaccinal. Plus de 80 % d’entre eux n’ont en effet pas répondu aux demandes du journal leur étant adressées à cet effet.

Le général à la retraite ne voit « pas de contradiction » entre ses efforts pour faire augmenter les taux de vaccination et les réticences d’Erin O’Toole à dévoiler les taux de vaccination de ses candidats, indiquant simplement avoir tenu « la campagne la plus sécuritaire » de tous les partis. « Depuis le début, on a une règle claire : tout le monde qui fait campagne pour nous doit utiliser les vaccins. Et s’ils ne sont pas pleinement vaccinés, ils doivent utiliser les tests rapides », a-t-il avancé, sans répondre directement aux questions des journalistes.

Même s’il appuie la mesure, Rick Hillier dit « détester que nous ayons dû penser à mettre sur place des passeports vaccinaux dans notre pays », entre autres parce que cela risque de contribuer à créer plus de « division au Canada », au fur et à mesure que les citoyens sont de plus en plus « fatigués » et « épuisés » par la pandémie.

Il rappelle toutefois que l’imposition d’une preuve vaccinale était nécessaire pour donner un certain « niveau de confort » aux autorités, en déconfinant graduellement. « C’est quelque chose qui est nécessaire à court terme », a soulevé l’ex-militaire, qui a d’ailleurs rappelé que dès le départ, en France, plus d’un million de personnes ont pris d’assaut les sites de rendez-vous médicaux après les annonces d’Emmanuel Macron implantant le passeport sanitaire.

Sur le plan strictement politique, M. Hillier affirme soutenir Erin O’Toole parce qu’il a une « vision ». « Vous servez les autres en dirigeant, puis vous dirigez en servant. Vous devez avoir une vision. Et vous devez être sur le point d’unir les gens. Je crois qu’Erin peut le faire. Il fera un grand leader et j’espère que suffisamment de Canadiens verront cela avec moi », a-t-il jugé.

Questionné à savoir ce qu’il pensait de la gestion de la COVID-19 par le gouvernement Trudeau, le principal intéressé a évoqué avoir ressenti certaines « frustrations », indiquant qu’il pourrait « en parler pendant des heures et des jours », mais a précisé qu’il était surtout ici pour « soutenir M. O’Toole ».

Il s’agissait du deuxième appui venant d’un ancien militaire pour le chef conservateur, samedi. Plus tôt, il avait aussi reçu l’appui de l’ancien vice-amiral Mark Norman, qui avait été suspendu de ses fonctions en janvier 2017, puis accusé d’abus de confiance en mars 2018. Le gouvernement soutenait qu’il avait divulgué des secrets du cabinet concernant un contrat fédéral de construction navale de 700 millions accordé par le gouvernement conservateur au chantier Davie de Lévis.

Avec La Presse Canadienne