Certains chefs fédéraux pourraient bien devoir mettre fin à leur carrière politique à la suite du scrutin de lundi, croit le chef bloquiste Yves-François Blanchet. Sans nommer personne, il a néanmoins soutenu que Justin Trudeau avait fait la « même erreur » que Pauline Marois en 2014.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« J’étais dans le gouvernement de Pauline Marois en 2014 lorsque nous [avons déclenché des] élections. Nous avons payé cher le prix de ne pas maintenir la législature aussi longtemps que nous le pouvions. Je crois que Justin Trudeau vient de commettre la même erreur. Chaque chef a sa propre tête sur le billot. Et certains ne resteront peut-être pas là où ils sont en ce moment », a en effet affirmé M. Blanchet, lors d’une mêlée de presse tenue devant l’Assemblée nationale en début de journée, samedi, à Québec.

En 2014, alors à la tête d’un gouvernement péquiste minoritaire, Pauline Marois avait fait le choix de déclencher des élections pour obtenir une majorité, mais avait été battue. Elle avait même été vaincue dans sa propre circonscription, et avait démissionné après la défaite. M. Blanchet, qui était ministre de l’Environnement dans le cabinet Marois, a toutefois avoué samedi qu’il avait approuvé la décision de son propre gouvernement de déclencher des élections, en 2014.

Cette année, le chef du Bloc québécois se dit « confiant » de ne pas être en danger, estimant que son parti pourrait faire des gains dans plusieurs régions pour passer de 32 à 40 sièges. Vendredi, il avait dit croire que ses troupes finiraient la soirée de lundi avec un « relatif sourire ».

« Votez avec votre cœur, votez avec votre conscience, votez avec votre passion », a lancé le chef aux électeurs québécois samedi, ajoutant qu’il ne croyait pas que l'appel au vote stratégique des libéraux et des conservateurs soit « crédible ». « Je ne crois pas que les gens vont l’entendre tant que ça. On a servi cette soupe aux Québécois élection après élection », a-t-il également illustré à ce sujet.

Vendredi, à London, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, avait refusé d’appeler formellement au « vote stratégique », soutenant toutefois clairement que le libéral Justin Trudeau voulait que les électeurs votent pour les « petits partis » afin de « s’en tirer » avec une victoire lundi.

« Justin Trudeau veut que vous restiez à la maison le jour des élections. Il veut que vous votiez pour les petits partis. Il veut que vous le laissiez s’en tirer », avait lancé M. O’Toole, appelant « tous ceux qui en ont assez de se faire faire la morale », « d’être oubliés » ou « de payer toujours plus cher pour financer la dette » à voter conservateur. « Vous devez faire la seule chose que Justin Trudeau ne veut pas : c’est de voter conservateur lundi », avait-il dit.

La parité, oui ou non ?

Questionné pour savoir s’il s’assurerait que son cabinet fantôme soit paritaire, Yves-François Blanchet a aussi indiqué samedi que « pour le Bloc, la question ne se pose pas comme ça ».

Tous les élus du caucus ont des dossiers. Si le caucus est 50 % féminin, 50 % masculin, le cabinet fantôme va forcément l’être aussi. Tout le monde a quelque chose, il n’y a pas de députés qui vont rester assis sur le bout du banc.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

« J’espère que le nombre d’élus qu’on va avoir va nous permettre de nous maintenir dans la zone de la parité », a-t-il précisé peu après. Pour M. Blanchet, l’exemple de l’Estrie, où son parti ne présente que des candidates, illustre à quel point les bloquistes misent déjà sur une députation davantage féminine.

Avec Patrice Bergeron, La Presse Canadienne