(Ottawa) Le député libéral fédéral sortant Raj Saini, qui a fait face à des allégations de harcèlement, repartira d’Ottawa avec des indemnités de 93 000 $.

Marie Woolf La Presse Canadienne

M. Saini a retiré récemment sa candidature dans Kitchener-Centre, en Ontario, après avoir fait face à des allégations selon lesquelles il aurait harcelé une membre de son personnel politique, ce qu’il nie catégoriquement. Or, l’ex-député libéral a droit, comme les autres, à une indemnité de départ de 92 900 $, soit la moitié de son salaire de 185 800 $.

Il pourrait également toucher une allocation de 15 000 $ versée aux députés sortants pour des frais accessoires, comme le coût du déchiquetage des documents, de conseils financiers et de déplacements entre Kitchener et Ottawa.

Par contre, M. Saini, âgé de 54 ans, ratera de peu la pension des députés, accessible aux élus de 55 ans et plus qui ont siégé au moins six ans au Parlement.

M. Saini n’a pas répondu à une demande de commentaire lundi. Il avait renoncé à se porter à nouveau candidat dans Kitchener-Centre après le déclenchement de la campagne électorale, à la suite d’une avalanche de questions sur sa conduite présumée envers une femme de son personnel.

Il soutient qu’une enquête sur une plainte déposée par la Chambre des communes a conclu que « rien n’avait été trouvé concernant du harcèlement au bureau ».

Mais la semaine dernière, le plus haut responsable des Communes, le greffier de la Chambre, a annoncé son intention d’ouvrir une enquête sur le traitement accordé à cette plainte par le Parti libéral, pour déterminer s’il y aurait eu des lacunes. Selon la CBC, la femme qui avait dénoncé le député Saini au parti n’a jamais été interrogée et elle se serait vu plutôt proposer une médiation.

M. Saini a depuis soutenu qu’il ne pouvait pas discuter des « fausses allégations » pour des questions de confidentialité. Le whip libéral, Mark Holland, a déploré que M. Saini soit ainsi jugé sur la place publique alors qu’il ne peut pas se défendre.

Puisqu’il s’est retiré après la clôture du dépôt des candidatures, le nom de M. Saini figurera toujours sur les bulletins de vote dans Kitchener-Centre. Certains électeurs, y compris ceux qui votent par anticipation, peuvent toujours choisir de l’appuyer, bien qu’il ne soit plus officiellement le candidat libéral.

Kitchener-Centre est désormais le théâtre d’une course serrée entre les verts, arrivés deuxièmes en 2019 avec 26 % des voix, les conservateurs, qui étaient troisièmes à 24 %, et les néo-démocrates à 11 %. Le libéral Saini avait alors obtenu 37 % des suffrages exprimés et près de 6000 voix de majorité.

Tous les députés qui se retirent avant le scrutin ou qui vont perdre leur siège le 20 septembre et qui ne sont pas admissibles à la pension auront droit à cette indemnité de départ. Un certain nombre de ces élus rateront toutefois de peu le régime de retraite des députés fédéraux : ceux qui ont été élus pour la première fois en 2015 et qui auraient eu droit à une pension le 19 octobre 2021, soit six ans après le scrutin de 2015 – mais un mois et un jour après le présent scrutin.

Après les élections de 2019, 94 députés avaient reçu 5,8 millions $ en indemnités de départ, selon la Fédération canadienne des contribuables, qui a analysé les chiffres.