Le député néo-démocrate sortant Alexandre Boulerice a annoncé, mardi, que son parti s’engage à accorder au fleuve Saint-Laurent des droits inhérents à la protection de la faune et la flore.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

« Il va y avoir un avocat qui aura comme client le fleuve », a expliqué Alexandre Boulerice, lors d’une conférence de presse tenue à Montréal au parc de Dieppe, aux abords du Saint-Laurent. La présidente de l’Observatoire international des droits de la nature, Yenny Vega, était présente aux côtés du candidat néo-démocrate.

M. Boulerice soutient que lorsqu’il y a des projets industriels ou portuaires, la protection de ce cours d’eau se fait « à la pièce ». En ayant un statut de personnalité juridique, le fleuve sera représenté lors de consultations ou d’actions en justice.

Le projet s’inspire de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, qui possède ce statut.

« On veut avoir une vue d’ensemble de protection des écosystèmes, en collaboration avec les municipalités, les MRC et également les nations autochtones, qui auraient une responsabilité de gardiens des rives, des berges et des milieux naturels », a indiqué Alexandre Boulerice.

En ce qui concerne les coûts de cette promesse, M. Boulerice soutient qu’ils ne sont pas encore évalués, mais qu’ils pourraient être faibles. Cela dépendra du nombre de projets qui impliqueront que le fleuve soit défendu.

Des consultations publiques sont prévues le 26 septembre pour présenter le projet de loi sur le fleuve Saint-Laurent, a annoncé Yenny Vega. « Nous souhaitons aussi que les autres partis politiques soient ouverts à ce projet », a précisé cette dernière.

« C’est facile de promettre la lune »

Lors d’un point de presse à l’esplanade du Parc olympique mardi, le candidat libéral Steven Guilbeault s’est targué d’être le parti avec la meilleure plateforme en matière d’environnement. Il a affirmé que les libéraux avaient eu la note de 8 sur 10, selon l’évaluation de Mark Jaccard du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

En ce qui concerne les promesses environnementales des autres formations politiques, M. Guilbeault a soutenu que le Parti conservateur s’est vu attribuer la note de 5 sur 10, alors que le Nouveau Parti démocratique a eu 2 sur 10. « C’est facile de promettre la lune, mais encore faut-il savoir comment y arriver », a-t-il fait valoir.

De son côté, Alexandre Boulerice dit ne pas être en accord avec cette évaluation du membre du GIEC qui « n’a pas pris en compte le coût de l’inaction environnementale et des catastrophes climatiques ». « Combien ça coûte, un incendie de forêt qui détruit une partie de la Colombie-Britannique ? », a-t-il questionné.

Ce dernier critique le fait que les libéraux ont dit ne pas vouloir prendre un virage environnemental radical. Il qualifie cette position d’irresponsable, alors que « tout le rapport du GIEC sonne l’alarme sur le fait qu’on ne va pas dans la bonne direction ».