Le chef conservateur Erin O’Toole a courtisé jeudi les travailleurs à la demande – qui sont le plus souvent indépendants et embauchés sur de courtes durées – en leur promettant des prestations équivalentes à celles de l’assurance-emploi ou du régime canadien de pensions.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Quand la pandémie a frappé, le filet de sécurité dont les travailleurs à la demande ont besoin dans les moments difficiles n’était pas là pour eux et leurs familles. Avec les règles actuelles, les travailleurs à la demande n’ont pas droit à l’assurance-emploi, ils n’ont pas les heures assurables ou les cotisations des employés typiques. C’est simple : le gouvernement fédéral les laisse tomber », a martelé M. O’Toole depuis son studio d’Ottawa, en après-midi.

Il affirme que « le système doit changer » et qu’il est temps que les entreprises donnent à ces travailleurs « la protection dont ils ont besoin ».

Ainsi, un gouvernement conservateur exigerait des entreprises de « l’économie à la demande » qu’elle verse des prestations d’assurance-emploi ou des cotisations « équivalentes » à celles du Régime de pensions du Canada (RPC) aux travailleurs concernés, via un « nouveau compte d’épargne -employé » qui serait « transférable » à chaque paiement effectué, pour suivre le travailleur à travers ses différents contrats.

« L’argent fructifiera à l’abri de l’impôt et pourra être utilisé pour payer les cotisations au RPC ou accumuler des économies qui seront retirées par le travailleur lorsqu’il en aura besoin », avance à ce sujet le parti dans un communiqué.

Dans un document d’information technique, les conservateurs précisent aussi que « comme les employeurs paient actuellement 7,31 % des salaires (5,1 % au RPC et 2,21 % à l’assurance-emploi), c’est ce que les entreprises de l’économie à la demande seront tenues de payer ».

Erin O’Toole, lui, ajoute, que « des millions de Canadiens ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi parce qu’ils sont à contrat ou n’ont qu’un travail temporaire ». « Le marché du travail canadien a changé et le soutien que le Canada offre aux travailleurs doit aussi changer, » a-t-il insisté.

L’homme de 48 ans a par ailleurs « remercié » jeudi le premier ministre François Legault d’avoir présenté ses demandes aux partis fédéraux, en promettant de répondre à une bonne partie d’entre elles. « Un gouvernement conservateur va mettre fin au paternalisme et aux intrusions de Justin Trudeau. Notre approche va être un fédéralisme de partenariat », a rappelé le conservateur en mêlée de presse à Ottawa. Dans une lettre, M. O’Toole, qui veut ravir des sièges au Bloc et aux libéraux dans la province, indique aussi vouloir « tendre la main aux Québécois » et leur offrir « un nouveau pacte fondé sur le respect » où chacun « y trouve son compte et en sort gagnant ».