La protection de l’environnement est la grande gagnante des élections de lundi, affirment les principales organisations écologistes du Canada.

Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

« Les Canadiennes et les Canadiens […] veulent que le gouvernement fédéral prenne des mesures sans tarder pour renverser le déclin des espèces et qu’il s’attaque aux émissions du Canada conformément aux recommandations de la science », ont-elles écrit dans un communiqué, tôt mardi matin.

Ces organisations, dont la Fondation David Suzuki, Équiterre, Ecojustice, Environmental Defence, Greenpeace, Nature Canada et le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada), soulignent que les électeurs ont envoyé à la Chambre des communes 216 députés issus des quatre partis ayant pris des engagements qu’elles jugent sérieux en matière environnementale.

Le Parti libéral, le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert ont notamment promis un plan climatique enchâssé dans une loi pour réduire les émissions du Canada afin de maintenir le réchauffement planétaire en deçà de 1,5 °C ainsi qu’une transition équitable « afin d’assurer la prospérité des travailleurs et de leurs familles durant la transition vers une économie sobre en carbone », soulignent-elles.

Les organisations soulignent aussi les engagements de ces quatre partis en matière de territoires protégés, de protection contre les substances toxiques, d’interdiction des articles de plastique à usage unique et des droits des peuples autochtones.

« Le nouveau gouvernement du Canada devra se mettre au travail dès que possible pour tenir les promesses faites pendant la campagne électorale », écrivent ces organisations, disant d’attendre à une collaboration entre ces partis.

« Il n’y a pas de temps à perdre », clament-elles.

« Inonder le premier ministre »

Greenpeace Canada appelle également les citoyens « à inonder le premier ministre d’alertes "d’urgence climatique" » pour lui demander de mettre en œuvre un plan climatique ambitieux, en collaboration avec les autres formations politiques.

Dans un appel lancé dès l’annonce de la réélection du Parti libéral, lundi soir, l’organisation pour laquelle a travaillé la recrue libérale Steven Guilbeault « invite les gens à interpeller le premier ministre à répétition sur ses réseaux sociaux » afin de lui demander d’agir conformément à la déclaration d’urgence climatique du Parlement.

« Les électeurs ont non seulement rejeté le programme climatique des conservateurs qui n’offrait que des reculs, mais ils ont également dit aux libéraux qu’ils s’attendaient à plus que des demi-mesures pour faire face à cette urgence », a affirmé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada.

L’organisation souligne que les libéraux ont annoncé leur intention d’adopter des « budgets carbone », mais n’ont « toujours pas présenté de politiques susceptibles d’atteindre ces réductions et ont même continué à soutenir des projets d’expansion des combustibles fossiles ».