(BEAUCEVILLE) Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a perdu son pari. Le député sortant de Beauce a mordu la poussière contre le candidat de son ancienne formation politique, le conservateur Richard Lehoux. Et aucun candidat du PPC n’avait de chances de se faire élire ailleurs au pays hier soir.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Maxime Bernier ne baisse pas les bras, même si son parti était en voie de récolter à peine 1,7 % des voix à travers le Canada. « Nous allons continuer de nous battre. Nous serons plus fort la prochaine fois. Ce n’est qu’un début pour le Parti populaire ! », a-t-il lancé sous les applaudissements d’une centaine de partisans réunis à Beauceville. Ce fut le seul moment de réjouissance de ce rassemblement à l’ambiance morose.

Au moment d’écrire ces lignes, Richard Lehoux récoltait 39 % contre 29 % pour Maxime Bernier – deux fois moins que son résultat de 2015. Le Bloc québécois était troisième avec 14 %, suivi du Parti libéral du Canada à 12 %.

« Si c’était à refaire, je ne changerais rien », a malgré tout soutenu Maxime Bernier lors d’un point de presse. Il a dit ne pas avoir « essayé de plaire à tout le monde », une stratégie qui a pu lui coûter des voix, selon lui.

Il tient son ancienne formation responsable de ses déboires. « La campagne de salissage du Parti conservateur a été efficace, c’est malheureux de le dire », a-t-il lâché.

Nous sommes le parti qui grandit le plus vite dans l’histoire canadienne et nous allons continuer de grandir au cours des prochains mois et des prochaines années.

Maxime Bernier

Sera-t-il à nouveau candidat ? « C’est à voir », s’est-il contenté de répondre. Il pourrait briguer les suffrages dans une autre circonscription. « Tout est possible », a-t-il dit.

Le Parti conservateur opposait à Maxime Bernier l’ancien président de la Fédération québécoise des municipalités et ex-maire de Saint-Elzéar. Richard Lehoux était également producteur laitier, ce qui n’est pas anodin. Les producteurs laitiers avaient mené une offensive pour empêcher Maxime Bernier, farouche opposant à la gestion de l’offre, de prendre la tête du Parti conservateur en 2017. M. Bernier allait claquer la porte de la formation l’année suivante pour créer son propre parti. Le PPC avait un candidat dans presque toutes les circonscriptions – 315 sur un total de 338.

« Ce que nous avons accompli en seulement un an est spectaculaire, a affirmé Maxime Bernier. On va avoir du temps pour bâtir le parti et voyager à travers le Canada pour que le parti soit mieux préparé pour la prochaine campagne. »

13 ans

Tel père, tel fils, dit-on. Maxime Bernier aura été député de Beauce pendant 13 ans, exactement le même nombre d’années que son père, Gilles Bernier.

« C’est une élection plus difficile », reconnaissait le paternel juste avant le dévoilement des résultats. Il soupçonne le Parti conservateur d’avoir fait des « magouilles » pour nuire à son fils. Il a parlé à titre d’exemple des révélations du quotidien The Globe and Mail selon lesquelles les troupes d’Andrew Scheer auraient embauché une firme externe pour dénigrer le PPC.

Mais il y a aussi l’affaire « de l’autre candidat qui s’appelle Maxime Bernier », a-t-il ajouté. Il croit que les conservateurs sont derrière cette candidature étonnante du Parti Rhinocéros dans Beauce. Vous pouvez le démontrer ? lui a-t-on demandé. « On n’est pas rendus là », s’est-il contenté de répondre.

Cet autre Maxime Bernier – « importé du Lac-Saint-Jean », disait le député sortant lors de la campagne électorale – recueillait 2 % des voix hier soir, un résultat qui n’a pas fait la différence. Le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique ont fait un peu mieux, 2,3 % et 2,9 % respectivement.