Pas de surprise majeure : les sondages avaient généralement vu juste dans les intentions des Canadiens, prédisant les résultats avec assez de fiabilité malgré quelques erreurs d’aiguillage.

Philippe Mercure Philippe Mercure
La Presse

« La morale de l’histoire est qu’en général, ça a bien fonctionné », constate Claire Durand, spécialiste des sondages et professeure au département de sociologie de l’Université de Montréal.

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Tout au long de la campagne, les sondages avaient mis les libéraux et les conservateurs au coude-à-coude, et c’est ce qu’on a vu hier. En matière de votes exprimés, les conservateurs ont obtenu environ 34 % du suffrage, contre 33 % pour les libéraux.

À chaque scrutin, Claire Durand fait un agrégat des différents sondages (environ 80 au cours de cette campagne), en donnant une pondération plus faible aux sondages dont les résultats s’écartent des autres. Dans sa boule de cristal, elle avait prédit 32 % tant pour les libéraux que pour les conservateurs.

Il reste néanmoins quelques surprises. « Les problèmes qu’on a souvent se sont reproduits. On parle d’une sous-estimation des conservateurs à certains endroits, notamment au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario », précise l’experte.

Le vote du NPD surestimé

Un autre phénomène notable est que les sondeurs ont surestimé le vote du Nouveau Parti démocratique (NPD) à peu près partout au pays. Les prévisions leur donnaient près de 20 % du vote populaire ; ils ont fini avec 16 % des voix.

Au Québec, l’histoire principale véhiculée par les sondages était que les libéraux et le Bloc québécois étaient à égalité. Encore une fois, cela s’est avéré, les deux formations obtenant respectivement environ 34 % et 33 % des votes.

Encore ici, le vote pour le NPD avait été surestimé : on avait prédit 13 % au parti orange, il a obtenu un peu moins de 11 %.

Le vote vert a aussi été surestimé dans les sondages à l’échelle nationale, une situation qui ne surprend pas Claire Durand. Le dernier sondage Forum, par exemple, donnait 8,3 % aux troupes d’Elizabeth May. Elles ont obtenu autour de 6 %.

« Ça, c’était connu. Les verts sont toujours surestimés », commente la spécialiste. Selon elle, certains électeurs verts ont peut-être décidé de voter pour les libéraux par crainte de voir les conservateurs l’emporter… ou ne sont tout simplement pas allés voter.

Ceux qui ont tenté de prédire la distribution des sièges n’ont pas trop mal fait non plus, malgré le fait qu’ils ont surestimé le nombre de sièges du NPD. Le dernier sondage EKOS prédisait que les libéraux seraient à « un cheveu de la majorité » et leur attribuait 163 sièges (au moment de publier, les libéraux étaient en voie d’en obtenir 156). La récolte a été moindre, mais le résultat général reflète la tendance. Le site Québec 125 donnait 139 sièges aux libéraux, contre 126 aux conservateurs, un résultat qui reflète aussi assez bien la réalité. Les deux sites ont toutefois attribué beaucoup trop de sièges au NPD. Québec 125 a surestimé le nombre de sièges remportés par le Bloc québécois, tandis qu’EKOS l’avait sous-estimé.