(OTTAWA) Le Parti conservateur compte réduire de 25 % le budget consacré à l’aide étrangère globale du Canada et ramener à une cinquantaine le nombre de pays récipiendaires de la générosité canadienne.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le chef conservateur Andrew Scheer doit confirmer les intentions de sa formation politique mardi lors d’une conférence de presse dans la région de Toronto, selon des informations obtenues par La Presse.

Le budget consacré à l’aide étrangère passerait donc d’environ six milliards de dollars par année à 4,5 milliards de dollars. Cette enveloppe serait en outre réorganisée de manière à soutenir les pays ayant un indice de développement humain inférieur à 0,6.

Des pays d’Afrique subsaharienne et ceux qui sont aux prises avec de graves problèmes de pauvreté comme Haïti et l’Afghanistan, qui obtiennent déjà un coup de pouce financier du Canada, recevraient ainsi une aide plus importante, selon les conservateurs.

Un gouvernement conservateur utiliserait la somme de 1,5 milliard de dollars qui sera soustraite de l’enveloppe globale de l’aide étrangère pour financer certains des engagements qui ont été pris durant la présente campagne électorale, tels que l’élimination de la TPS du chauffage résidentiel, les prestations de maternité libres d’impôt, le crédit d’impôt pour les rénovations écoresponsables ou encore la bonification des REEE (Régime enregistré d’épargne étude).

« En 2018, des centaines de millions de dollars des contribuables canadiens ont été donnés à des pays à revenu élevé et moyen. Cela comprend entre autres l’Argentine, la Barbade, le Brésil, la Chine, l’Iran, le Mexique et la Turquie. (...) La majeure partie de cette aide étrangère peut être mieux dépensée pour ceux qui en ont le plus besoin », peut-on lire dans un document du Parti conservateur obtenu par La Presse.

«De nombreuses familles canadiennes font face à de sérieux défis financiers ici au pays. Cela est confirmé par une récente étude indiquant que près de la moitié des familles canadiennes sont à 200 $ près de l’insolvabilité à la fin de chaque mois. Ça devrait donc être une priorité pour un nouveau gouvernement conservateur de dépenser cet argent pour les priorités des Canadiens », soutient-on aussi dans ce document.

Avant le début de la campagne, le chef conservateur Andrew Scheer a promis de rétablir l’équilibre budgétaire dans un horizon de cinq ans. Le Parti conservateur n’a pas encore dévoilé l’ensemble de sa plateforme chiffrée. La réduction du budget consacré à l’aide étrangère lève un peu plus le voile sur les mesures que comptent prendre les conservateurs pour atteindre cet objectif. Au début de la campagne, M. Scheer a aussi annoncé qu’un gouvernement conservateur couperait les subventions accordées aux entreprises d’un montant de 1,5 milliard de dollars.

Dimanche, les libéraux de Justin Trudeau ont dévoilé leur programme électoral qui n’offre aucun calendrier de retour à l’équilibre budgétaire et prévoit des déficits cumulatifs de 94 milliards de dollars en quatre ans, dont 27 milliards de dollars durant la première année d’un deuxième mandat.