(Ottawa) Le Parti vert a annoncé jeudi avoir accepté la démission d’un de ses candidats qui a déjà publié sur les réseaux sociaux un message islamophobe dans lequel il évoquait l’idée d’envoyer de la viande de porc à des musulmans.

La Presse canadienne

Par ailleurs, la formation semble appuyer une autre candidate à qui il est reproché d’avoir minimisé la Shoah.

Erik Schomann a renoncé à sa candidature dans la circonscription ontarienne de Simcoe North peu de temps après que le Conseil national des musulmans canadiens eut exhorté les verts à le laisser tomber.

Dans un communiqué, le parti dit avoir « une politique de tolérance zéro pour le sexisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie ou tout autre discours haineux ».

L’organisation musulmane a dénoncé une vieille photo de M. Schomann le montrant en train de rôtir un cochon et qui faisait référence à la controverse entourant la publication en 2005 par un journal danois d’une caricature du prophète Mahomet.

La légende mal orthographiée publiée sous la photo disait : « Nous avons envoyé les restes au Danemark pour soutenir les opposants à la caricature de Mahomet. »

Le Conseil a souligné l’importance de la liberté d’expression, mais a déclaré qu’une personne qui promet d’envoyer des morceaux de carcasses de porc n’avait pas l’intégrité et l’engagement moral nécessaires pour occuper une fonction publique.

Il a rappelé qu’une tête de porc avait été laissée devant la mosquée de Québec, où une fusillade meurtrière a eu lieu en 2017.

L’islam, tout comme le judaïsme, interdit à ses fidèles la consommation de viande de porc.

Antisémitisme ?

Le groupe « The Friends of Simon Wiesenthal Center for Holocaust Studies » réclame de son côté le départ de la candidate verte dans la circonscription de Regina-Qu’Appelle, en Saskatchewan, Dale Dewar.

Selon l’hebdomadaire Canadian Jewish News, Mme Dewar aurait souvent dénigré Israël sur les réseaux sociaux, affirmant notamment que le pays est « pratiquement un violeur en série » et que le sionisme est « une secte ». La candidate aurait aussi déclaré que les Israéliens ont besoin d’aide psychologique pour les aider à « guérir » du stress post-traumatique provoqué par la Shoah.

Dans une déclaration publiée cette semaine, Mme Dewar dit vouloir défendre les droits de la personne et des valeurs progressistes. Elle a critiqué la façon que l’État hébreu traite les Palestiniens.

« Je crois qu’il existe de sérieux problèmes au sujet des politiques du gouvernement israélien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Toutefois, mes propos sont allés trop loin. J’en suis profondément désolée. »

Le peuple et les entreprises d’Israël « ne doivent pas être punis pour les actions de leur État. Israël a absolument le droit de se défendre contre la violence », a-t-elle ajouté.

À l’avenir, elle s’abstiendra de comparer Israël à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. « Cette comparaison était une erreur que je regrette beaucoup », a convenu Mme Dewar.

Le président du groupe, Avi Benlolo, déplore que la candidate n’ait pas reconnu que ses déclarations passées étaient antisémites.