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Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond La Presse

Q : « J’ignore d’où provient l’information selon laquelle une infirmière à temps partiel est payée à temps et demi lorsqu’on lui demande de faire une journée supplémentaire. Ma conjointe a été infirmière pendant 37 ans et jamais elle n’a bénéficié de tels avantages. »

Jacques G.

R : Vous avez été nombreux à croire qu’une erreur s’était glissée dans mon éditorial sur les primes destinées aux infirmières.

J’y expliquais qu’une infirmière qui a un horaire à temps partiel peut être payée à temps et demi lorsqu’on lui demande de travailler d’autres journées de la semaine. Cela peut faire en sorte qu’elle gagne autant d’argent en quatre jours qu’une infirmière à temps plein en cinq jours.

Qu’en est-il au juste ?

Une chose est claire : il est tout à fait normal qu’une infirmière soit payée à temps et demi si elle travaille deux quarts de suite, pour un total de 16 heures.

La vraie question est de savoir si une infirmière à temps partiel sera payée en temps et demi lorsqu’elle ajoute une journée à son horaire normal de temps partiel, sans que ce soit à la suite d’un quart de travail.

Le ministère de la Santé me l’a reconfirmé. La réponse est oui, dans la mesure où l’employée accepte de travailler lors de son congé hebdomadaire (qui n’est pas nécessairement juste la fin de semaine).

Selon le Ministère, « il y a donc un attrait pour travailler des quarts en plus lors de ces journées, sans nécessairement dépasser les quelque 35 heures dans la semaine ou faire des quarts de 16 heures. Cette façon de faire (qui disparaîtra avec la nouvelle convention collective) est utilisée à grande échelle présentement, dans l’objectif de toucher du temps et demi ».

Mais la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ne le voit pas du même œil. À son avis, « dans la très vaste majorité des établissements, il n’y a aucun “congé hebdomadaire” de prévu à l’horaire de travail des professionnelles en soins à temps partiel, donc ces situations ne s’appliqueraient pas ».

Voilà pourquoi de nombreuses infirmières ne sont pas payées en temps et demi, tandis que d’autres le sont. Tout dépend de l’établissement.

Mais d’une manière ou d’une autre, les infirmières qui choisissent un horaire à temps partiel le font généralement pour garder un minimum de contrôle sur leur vie, dans un contexte où elles sont soumises à la dictature des heures supplémentaires obligatoires.

Relisez l’éditorial « Des primes contre la déprime, ça marche, docteur ? »