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Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond La Presse

Q. « Est-ce qu’on pourrait nous expliquer pourquoi la convention collective signée avec les infirmières n’est pas encore mise en œuvre. Qu’est-ce qu’on attend ? »

Réal C.

R. On l’a dit et redit : ce n’est pas tant de l’argent que les infirmières au bout du rouleau réclament qu’un assainissement de leurs conditions de travail. C’est ce qui est à l’origine de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau public et de la crise dans les hôpitaux.

Pour cela, il faut changer la culture organisationnelle. Et cela passera par la nouvelle convention collective, a expliqué le premier ministre François Legault. S’il offre 1 milliard de dollars de primes aux infirmières, c’est pour faire le pont en attendant la mise en application de cette convention tant attendue.

« Pourquoi ne pas la mettre en œuvre plus vite ? », nous ont demandé de nombreux lecteurs.

Malheureusement, le renouvellement d’une convention est loin d’être instantané. Normalement, il faut compter six mois entre la signature de l’entente et son déploiement. Mais face à l’urgence, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et le gouvernement ont mis la pédale au fond, cette fois-ci.

Il faut dire que les négociations qui s’étaient étirées sur 18 mois avaient été plus longues que d’habitude.

C’est le 8 décembre 2020 que Québec et la FIQ ont convenu d’une proposition d’entente de principe sur les conditions de travail. Mais il a fallu attendre le 16 juin 2021 pour qu’on s’entende sur les clauses salariales.

Les 4 et 5 août, les membres ont accepté l’entente de principe lors d’un référendum qui s’est tenu en ligne, pandémie oblige. À la mi-août, on a lancé le processus accéléré de rédaction des textes, afin que les infirmières profitent rapidement des gains de la convention, notamment quant à la gestion et la prévisibilité des horaires de travail, la stabilité des postes et l’introduction d’une nouvelle prime de reconnaissance de 3,5 %.

La signature finale serait imminente, nous dit-on. Si tout va comme prévu, la date d’entrée en vigueur de la nouvelle convention pourrait survenir 10 jours après la signature, par rapport à 30 jours pour la convention précédente. Ce délai est nécessaire pour ajuster le système de paie et faire circuler l’information aux gestionnaires.

Mais il faut savoir que les changements ne seront pas tous en vigueur dès le premier jour. Des délais sont prévus pour le paiement rétroactif des salaires et des primes (45 jours après l’entrée en vigueur), pour les rehaussements de postes (jusqu’à 18 mois) et pour les directives sur la main-d’œuvre indépendante, notamment.

Alors, patience, patience.

Et bientôt, tout sera à recommencer, puisque le contrat de travail a une durée de seulement trois ans, à la demande du syndicat, et qu’il ne reste que 18 mois avant l’échéance de la convention en mars 2023.