Tombée sous le charme d’un industriel russe, déjà marié et ayant peu de temps à consacrer à une amante, une femme se met néanmoins à vivre uniquement en fonction de ses rencontres avec lui, dans une relation passionnelle, marquée essentiellement par leurs rapports sexuels.

Publié le 19 août
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

En portant à l’écran le récit autobiographique qu’Annie Ernaux a publié il y a 30 ans, Danielle Arbid (Un homme perdu, Peur de rien) a pu mettre en images le monologue intérieur d’une femme se consumant volontairement dans l’intensité d’une relation amoureuse et sexuelle. La cinéaste parvient ainsi à traduire de façon concrète la manifestation du désir inéluctable entre deux êtres, mais aussi le vide existentiel qui, inévitablement, s’installe dès la fin d’une rencontre.

Car c’est surtout de cela qu’il s’agit. Au-delà des rapports sexuels, filmés sans aucune complaisance, Passion simple fait écho à cet état faisant en sorte qu’un être humain, peu importe ses convictions, son statut social ou son état civil, peut à un moment de sa vie sombrer dans un vertige qui prend le pas sur tout le reste. Hélène est autrice, donne des cours à l’université, s’occupe de son jeune fils. Tout devient pourtant secondaire dès qu’Aleksandr donne signe de vie, ne serait-ce qu’avec un simple coup de téléphone. C’est irrationnel, parfois déraisonnable, mais ainsi en est-il. Il faut bien que le corps exulte, chantait Brel.

Une fois ce postulat posé, le récit peut être un peu répétitif, mais les deux acteurs, magnifiés par la cinéaste, maintiennent la tension en se jetant à corps perdu dans cette histoire. Laetitia Dosch (Jeune femme) offre une performance éblouissante en évoquant le trouble intérieur d’une femme parfaitement consciente de ce qui lui arrive. Face à elle, Sergei Polunin, le bad boy du monde de la danse classique, joue à fond la carte du mystère et remplit efficacement le mandat d’« homme objet » qu’on lui a confié.

Passion simple est actuellement à l’affiche sur grand écran. Ce long métrage est aussi offert sur les plateformes Apple TV+, Google Play et YouTube.

Passion simple

Drame

Passion simple

Danielle Arbid

Avec Laetitia Dosch, Sergei Polunin, Lou-Teymour Thion

1 h 39

7/10

En salle