Âgé de 18 ans et ne connaissant pratiquement rien de l’Algérie, le pays de ses parents, un jeune universitaire ayant grandi dans une banlieue parisienne tombe amoureux d’une Tunisienne nouvellement arrivée en France afin d’y poursuivre ses études. Et s’initie à la littérature érotique arabe.

Publié le 17 juin
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Lancé l’an dernier au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, primé ensuite au Festival du film francophone d’Angoulême, où il a obtenu les prix du meilleur film et du meilleur acteur, Une histoire d’amour et de désir est à la hauteur de la belle réputation ayant précédé sa sortie au Québec.

Ce deuxième long métrage de Leyla Bouzid (À peine j’ouvre les yeux), une cinéaste tunisienne qui, à l’instar de l’héroïne de son long métrage, a fait ses études en France, est dans une classe à part, grâce à une simple question de perspective. En détournant les clichés habituellement liés aux histoires d’apprentissage, la réalisatrice, qui signe aussi son scénario, propose le portrait d’un jeune homme en pleine éducation sentimentale, sous un angle rarement vu au cinéma.

Ce faisant, elle illustre, sans didactisme aucun, la richesse d’une culture littéraire séculaire, qui exprime les choses de l’amour et du sexe en allant bien à l’encontre de l’image associée parfois au monde arabe en Occident. Là réside d’ailleurs la force du film.

En plus de son intention franche d’érotiser le corps masculin, avec délicatesse et subtilité, Leyla Bouzid nous entraîne dans une histoire où une femme venue du Maghreb se révèle être plus libre d’esprit que le jeune homme amoureux d’elle. Même si ce dernier est né en France et qu’il n’a jamais mis les pieds en Algérie, pays d’où ses parents sont originaires, on sent bien que pèse sur lui le poids d’une certaine tradition culturelle, issue de la banlieue parisienne où il a grandi.

Sami Outalbali, déjà remarqué dans la série Sex Education, affiche l’assurance d’un jeune homme épris de quelques certitudes, tout en exprimant une véritable vulnérabilité intérieure. Face à lui, Zbeida Belhajamor, qui fait ici ses débuts à l’écran, est lumineuse. Ils sont tous deux magnifiques.

Une histoire d’amour et de désir est actuellement à l’affiche.

Une histoire d’amour et de désir

Drame

Une histoire d’amour et de désir

Leyla Bouzid

Avec Sami Outalbali, Zbeida Belhajamor, Diong-Keba Tacu

1 h 42

½