Ça nous a pris un moment après la projection, mais nous avons finalement trouvé ce que les premiers volets de Jurassic Park et de Jurassic World ont de plus par rapport aux autres films de la série : un parc d’attractions.

Publié le 10 juin
Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Sans celui-ci, il n’y a plus d’endroit pour s’émerveiller devant les dinosaures. Notre aspect préféré de cet univers disparaît alors presque entièrement.

L’une des plus belles scènes de Jurassic World Dominion arrive lorsque la Dre Ellie Sattler (toujours formidable Laura Dern) s’arrête un instant pour caresser un bébé nasutoceratops. Ses yeux et son sourire illuminent son visage et le nôtre en même temps. Au-delà de l’action et de la tension, c’est l’émotion que l’on recherche en regardant ces films. Les dinosaures ne sont pas de simples monstres. Ils nous touchent et inspirent le respect par l’empreinte incommensurable qu’ils ont laissée sur le temps. Comme spectateur, ces créatures majestueuses nous fascinent autant qu’elles nous effraient. L’indifférence n’est pas une option. C’est ce que l’on croyait…

Photo fournie par Universal Pictures

Un bébé nasutoceratops, la Dre Ellie Sattler (Laura Dern) et le DAlan Grant (Sam Neill)

Les scénaristes de Dominion ont décidé que les humains de leur histoire doivent désormais cohabiter avec les dinosaures. Les parasaurolophus courent avec les chevaux. Les stégosaures provoquent des sorties de route. Les mosasaurus attaquent les bateaux de pêche. Après cinq longs métrages, ce choix est peut-être logique, mais plus du tout féérique.

En fait, le film de Colin Trevorrow — qui revient pour clore cette deuxième trilogie après le très faible Fallen Kingdom de J. A. Bayona — déplore sans grande subtilité notre rapport avec la nature. Dans cette allégorie, c’est au tour de Lewis Dodgson (déstabilisant Campbell Scott) de se prendre pour Dieu. À la tête de l’entreprise de génie génétique Biosyn, il souhaite contrôler le monde sans se soucier de la vie qui l’habite. Une façon de nous confronter à nos propres enjeux environnementaux et sociaux. L’idée n’est pas mauvaise — ni originale —, mais trop appuyée et, au bout du compte, accessoire. Car l’objectif principal du récit n’était finalement que de réunir deux trios de personnages bien-aimés dans des montagnes peuplées de dangereux dinosaures.

Réunion et réalisme

On est tout de même content de les revoir. Surtout ceux rencontrés la première fois en 1993. La nostalgie fait son effet, mais il y a plus que ça. La chimie entre les docteurs Sattler, Grant (Sam Neill) et Malcolm (Jeff Goldblum) opère toujours et leur passion émeut encore. Même s’ils sont nombreux, les clins d’œil à leurs interactions passées restent sympathiques. On pourrait se demander pourquoi ils se sont encore lancés dans la gueule du loup, mais notre divertissement l’emporte sur notre questionnement.

Photo fournie par Universal Pictures

Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) dans Jurassic World Dominion

On ne peut pas en dire autant d’Owen Grady (Chris Pratt), de Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) et de leur nouvelle fille adoptive Maisie Lockwood (Isabelle Sermon). Ils s’aiment et aiment les dinosaures. Leur quête a même plus de sens que celle de nos scientifiques adorés. Et même si Bryce Dallas Howard est excellente dans l’art d’avoir peur et que Chris Pratt peut lever sa main devant un vélociraptor comme pas un, leurs personnages nous intéressent que très peu. Ce dernier est particulièrement effacé dans cet ultime chapitre.

Mais quand tout le monde est réuni — avec les charmants nouveaux amis Kayla (DeWanda Wise) et Ramsay (Mamoudou Athie) — et que les gros dinos arrivent de partout, on ne boude pas notre plaisir. Le suspense fonctionne grâce aux effets de lumière et à la musique de Michael Giacchino — où est le thème de John Williams, bon sang ? —, mais surtout en raison du réalisme saisissant des dinosaures. Comme pour l’original, des spécimens animés mécaniquement ont été construits, en plus de ceux créés numériquement. Ils n’ont jamais eu l’air aussi vrais ! On les préfère toutefois camouflés dans la forêt plutôt qu’à la poursuite d’une moto dans les rues de Malte — ce moment à la James Bond est plutôt raté.

Ce qui nous ramène à l’émerveillement. Ce n’est pas de voir un dinosaure marcher en pleine ville qui ravive notre fascination pour ces créatures. C’est de voir des personnages comme les docteurs Sattler, Grant et Malcolm qui les regardent encore avec leurs yeux d’enfant.

Jurassic World Dominion
(V.F. : Monde jurassique – La domination)

Action

Jurassic World Dominion
(V.F. : Monde jurassique – La domination)

Colin Trevorrow

Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Laura Dern

2 h 26
En salle

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