La mission était casse-gueule. Les suites très tardives sont rarement des succès (pour chaque Blade Runner 2049, il y a un Independance Day : Resurgence et un Basic Instinct 2). Dans le cas présent, 36 ans se sont écoulés entre l’original et sa suite.

Publié le 27 mai
Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Dès le départ, Top Gun : Maverick parvient à nous replonger dans le cockpit de 1986 : les noms des acteurs en blanc sur fond noir qui se succèdent lentement, la notice qui explique l’origine du programme Top Gun, les images orangées d’avions de chasse qui décollent d’un porte-avions... Puis, Danger Zone qui démarre. L’énergie de cette chanson !

En dépit du plaisir que procure cette familiarité, on commence déjà à craindre l’excès de nostalgie. C’est ici que le réalisateur Joseph Kosinski et l’équipe de scénaristes – ils sont cinq – réussissent leur premier tour de force. Les références au passé sont nombreuses. Certaines scènes sont calquées sur celles de l’original : du football de plage plutôt que du volleyball dans le sable. On utilise même des images du premier film pour illustrer des souvenirs. Tout ça réconforte, mais, fort heureusement, sert aussi l’histoire. Car, il n’y a pas que nous qui revenons dans le temps, Pete Mitchell, alias Maverick, aussi.

On retrouve Tom Cruise dans le rôle de l’intrépide capitaine alors qu’il est maintenant pilote d’essai d’avions-prototypes. On ne perd pas de temps à le rejoindre dans les airs et notre souffle est coupé. La qualité des scènes de vol est exceptionnelle. On y reviendra, car on ordonne rapidement à Maverick de retourner à l’académie Top Gun, à Miramar. Son vieil ami Iceman (Val Kilmer), maintenant amiral, a réquisitionné ses services pour une mission quasi impossible – une spécialité de M. Cruise.

PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES

Miles Teller interprète Bradley « Rooster » Bradshaw dans Top Gun

Rappelons qu’à la fin de Top Gun, Maverick choisit de devenir instructeur. On apprend que sa carrière de professeur n’a finalement duré que quelques semaines, ce qui n’empêche pas qu’on lui demande d’enseigner à de jeunes diplômés de l’école les techniques nécessaires pour réussir la mission. Le groupe est composé d’une foule de personnalités incompatibles, un cliché presque devenu la norme, mais ici, ça fonctionne à merveille. Ils sont drôles, détestables, combatifs et touchants.

Parmi eux, Bradley Bradshaw, alias Rooster (Miles Teller), fils de Goose, meilleur ami et navigateur de Maverick mort à la suite d’un accident qui n’était pas leur faute. N’empêche, Maverick n’a pas tourné la page et Rooster non plus. Les interactions entre les deux donnent les plus grands moments d’émotion du film. Même sans filiation, la relation père-fils qu’ils entretiennent tant bien que mal est crédible par l’écriture sincère et la performance en retenue des deux acteurs. Jennifer Connelly est également convaincante dans le rôle de Penny Benjamin, ancienne flamme de Maverick laissée derrière à Miramar. Une fois de plus, on verse presque dans le romantico-cucul, mais la paire finit par nous charmer.

Ressentir la force G

Les scènes aériennes de Top Gun ont plutôt bien vieilli, alors imaginez celles d’un film de 2022.

Les magnifiques prises de vues ainsi que l’extraordinaire montage, autant visuel que sonore, nous permettent de croire à la vitesse des appareils, aux difficultés des manœuvres et aux effets sur le corps humain de voler dans de telles conditions.

L’expérience est très immersive. Si possible, on suggère de la vivre en IMAX.

Une bonne partie du film se déroule en altitude. On pourrait penser qu’après un moment, le taux d’adrénaline diminue. Même pas un peu ! Les enjeux, qui augmentent sans cesse, nous gardent enfoncés dans notre siège. Encore ici, on frôle la démesure, sans toutefois exagérer.

Top Gun : Maverick est un film parfaitement dosé. Il donne des frissons, fait rire, laisse bouche bée et provoque quelques larmes. De plus, il s’agit d’un divertissement plutôt familial, puisqu’on n’y retrouve ni vulgarité ni réelle violence. On pourrait lui reprocher ses ennemis anonymes et sa vénération de la puissance américaine, mais ça ne servirait à rien d’autre qu’à volontairement bouder son plaisir.

En salle

Consultez l’horaire du film
Top Gun : Maverick

Action

Top Gun : Maverick

Joseph Kosinski

Avec Tom Cruise, Jennifer Connelly, Miles Teller

2 h 11