Inès vient d’avoir 20 ans. Sa mère est une « aubergine », toujours en vie mais incapable de communiquer. Avec son père, la relation est fusionnelle, pas toujours facile. Inès est maintenant adulte et elle cherche qui elle est, à travers des expériences destructrices qui la mèneront dans une descente aux enfers.

Publié le 6 mai
Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

Le troisième long métrage de Renée Beaulieu (Le garagiste) est une histoire de passage à l’âge adulte qui porte aussi à l’écran l’immense détresse psychologique. Pour dépeindre la déchéance de son personnage, la réalisatrice n’y va pas de main morte et ne cherche pas à détourner sa caméra de la laideur de ce qu’elle décrit. C’est parfois le spectateur qui aura envie de détourner le regard de l’écran.

Le jeu de Rosalie Bonenfant est parmi ce qu’il y a de mieux dans Inès (ce n’est pas peu dire, alors que le toujours juste Roy Dupuis lui donne la réplique). Présente dans toutes les scènes, elle incarne le rôle-titre de superbe façon. Son personnage subit mille et une difficultés. La maladie mentale et la dépendance prennent le contrôle de son être, de ses actes. Et l’actrice, avec ses yeux surtout, nous transmet tout ce qu’Inès ressent.

La caméra de Renée Beaulieu suit Inès de si proche que de grandes failles dans l’interprétation seraient immanquablement perceptibles. Cette façon de filmer, d’ailleurs, rend l’heure et demie pendant laquelle on accompagne Inès étouffante. Plus Inès s’engouffre dans son mal-être, plus on se sent happé par cette détresse qui la ronge.

Le Montréal d’Inès, ville-personnage, a des airs de martyr. Le froid et la noirceur renforcent l’impression de gouffre sans fin. Les quelques effets ajoutés sur l’image (on passe parfois au noir et blanc, par exemple) sont très littéraux, peut-être un peu trop. Les scènes, parfois coupées très courtes, donnent une impression d’une spirale qui aspire sa proie. Le rythme saccadé rend de temps à autre l’appréciation de ce qu’on nous montre plus difficile.

Une évidence, malgré tout : les deux femmes qui portent ce film ont accompli un beau travail.

À l’affiche dès ce vendredi

Consultez l’horaire du film
Inès

Drame

Inès

Renée Beaulieu

Avec Rosalie Bonenfant, Roy Dupuis

1 h 29