Dans les années 1970, l’oncle d’un garçon abandonné par son père devient une figure paternelle auprès de ce dernier. Désirant devenir un jour écrivain, l’enfant, puis l’adolescent, développe son sens de l’observation en fréquentant assidûment le bar tenu par son oncle favori.

Publié le 7 janvier
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

The Tender Bar est le huitième long métrage que signe George Clooney à titre de réalisateur. Ses choix sont si éclectiques à ce chapitre qu’on ne sait toujours pas vraiment quelle est sa personnalité de cinéaste ni ce qu’il tend à communiquer. Son nouvel opus se regarde aisément, mais ne se distingue d’aucune façon dans un genre — le récit initiatique – déjà très fréquenté.

Le principal attrait de ce film est la reconstitution d’époque, non seulement dans les décors, les objets et les accessoires, mais aussi dans l’évocation d’un état d’esprit relevant d’une autre ère. Il aurait été préférable que le même soin soit apporté au scénario, pourtant signé de la main du vétéran William Monahan (The Departed, Body of Lies). Le récit qu’il a tiré du livre autobiographique du journaliste J. R. Moehringer, publié en 2005, comporte en effet quelques incongruités qui n’échappent pas au spectateur.

Les personnages qui entourent le protagoniste (Daniel Ranieri l’incarne enfant et Tye Sheridan le reprend à l’âge adulte) auraient sans doute gagné à être mieux définis dans une histoire qui, en vérité, ne comporte aucun suspense.

Tout, ou presque, est dit dans la narration. Le décalage entre la vision de l’enfant à propos du drame que vit sa mère (Lily Rabe), qui n’en est pas un à ses yeux, aurait également pu être mieux traduit.

Cela dit, The Tender Bar prend vie grâce à Ben Affleck. Dans le rôle de cet oncle charmant, qui prend l’enfant sous son aile et l’initie à la littérature — le bar qu’il tient a pour nom The Dickens —, l’acteur trouve l’un de ses plus beaux rôles. Encore là, il aurait été quand même intéressant d’en apprendre un peu plus sur la vie de cet homme mûr dont on ne sait trop comment, ni pourquoi, il habite encore chez ses parents (où sa sœur, mère de J. R., s’est aussi réfugiée), sinon qu’on soupçonne une dépendance au jeu et à l’alcool qui n’est pratiquement jamais évoquée. À force de vouloir effacer, à quelques exceptions près, toutes les aspérités de l’existence, George Clooney a accouché d’un film agréable, mais un peu trop lisse.

Offert sur Amazon Prime Video.

The Tender Bar

Drame

The Tender Bar

George Clooney

Avec Ben Affleck, Tye Sheridan, Lily Rabe

1 h 44