Au lendemain des funérailles de leur père, quatre frères que tout oppose dans la vie retournent dans la maison de leur enfance aux Îles-de-la-Madeleine. Accompagnés de leurs femmes et enfants, ils veulent rendre un dernier hommage au disparu. Lorsque le benjamin perd l’urne contenant les cendres, les conflits commencent et les souvenirs rejaillissent.

Publié le 17 déc. 2021
Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Dans la lignée de La grande séduction et de Starbuck, Ken Scott propose une nouvelle comédie populaire, portée par une distribution d’acteurs-vedettes et tournée dans un décor de carte postale. Or, cette histoire de famille, très prévisible et pleine de bons sentiments, ne décolle pas autant que ses précédents succès.

Au revoir le bonheur aborde les conflits qui, avec la mort d’un parent, sont parfois exacerbés dans une famille. Nouvellement orphelins, quatre frères tentent de renouer des liens en allant aux Îles-de-la-Madeleine, dans la maison d’été de leur enfance. Un lieu symbolique. Mais l’héritage paternel leur fera vivre des aventures plus intenses que leur deuil.

En panne d’inspiration

Le réalisateur et scénariste a créé sa famille fictive autour de quatre archétypes d’hommes, autour de la quarantaine. L’aîné, Charles-Alexandre, interprété par Louis Morissette, est un riche homme d’affaires qui veut suivre les traces du paternel, sans avoir sa bonté. Le plus jeune, Nicolas, joué par François Arnaud, est un cuisinier distrait qui aime jouir de la vie (il a quatre enfants en bas âge de quatre femmes différentes !). Entre les deux, il y a le nostalgique Thomas (Antoine Bertrand), très dérouté par la mort de son père ; et le professeur/auteur en retrait, William (Patrice Robitaille), préoccupé par sa panne d’inspiration qui l’empêche d’écrire sa pièce de théâtre.

Hélas, le syndrome de la page blanche du personnage de Robitaille semble avoir atteint le scénariste du film. Ses rôles principaux sont tous des archétypes : le profiteur, l’épicurien, le nostalgique et l’intellectuel. Le problème, c’est qu’ils ne sont que leur archétype à l’écran.

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR LES FILMS OPALE

François Arnaud et Julie Le Breton dans Au revoir le bonheur

Louis Morissette joue sans nuances son rôle de businessman sans scrupule. Le comédien semble présider le conseil d’administration d’une multinationale chaque fois qu’il réplique à ses frères ou aux habitants du village. Ses trois camarades se débrouillent un peu mieux, mais semblent chercher le ton juste. Quant aux personnages féminins, ils sont sous-utilisés, voire effacés ; sauf celui de Julie Le Breton, la Madelinienne de confiance qui s’occupe de la maison du défunt.

Le chassé-croisé de situations laisse peu de place à l’émotion (pour un long métrage sur le deuil, c’est problématique). Les moments comiques font sourire, malgré les clichés. Les paysages et le littoral sont abondamment photographiés dans toute leur splendeur.

À un moment, les quatre frères vont jouer au golf pour se retrouver ensemble pour la première fois. On imagine venir une scène pivot et en apprendre un peu plus sur les protagonistes et leur famille. Or, cette scène n’est qu’un prétexte pour les voir « swinguer » leur balle vers l’océan. Une image emblématique de ce film, qui est davantage une ode à la beauté des Îles qu’une œuvre touchante sur un sujet universel.

En salle

Au revoir le bonheur

Comédie dramatique

Au revoir le bonheur

Ken Scott

Louis Morissette, Antoine Bertrand, Patrice Robitaille, François Arnaud

1 h 50

½

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