Libérée après 20 ans de prison pour le meurtre d’un policier, Ruth Slater (Sandra Bullock) tente de refaire sa vie un pas à la fois tout en essayant d’entrer en contact avec sa sœur cadette Katherine (Aisling Franciosi). Elle reçoit l’aide d’un avocat, mais son projet est menacé par les deux fils du policier assassiné, qui cherchent vengeance.

Publié le 10 déc. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

L’histoire du personnage de Ruth Slater s’amorce à sa sortie de prison. On ne saura donc jamais comment les choses se sont passées pour elle à l’intérieur des barreaux. Mais à l’extérieur, la vie n’est pas facile. Le chemin de la liberté de Ruth est jalonné de difficultés, de pièges, d’épreuves.

Bref, pour Ruth, recoller les morceaux de sa vie ne sera pas une sinécure.

Ce récit nous est raconté à travers une incroyable galerie de personnages dont chacun apporte un éclairage différent sur Ruth.

Il y a Vincent, son agent de probation, Blake, un mec de la poissonnerie qui s’entiche d’elle, Steve et Keith, les deux fils du policier qu’elle a assassiné, John Ingram (Vincent D’Onofrio), avocat qui décide de la représenter, Liz Ingram (Viola Davis), femme de John aux idées bien arrêtées. Il y a aussi Katherine (Aisling Franciosi), sœur cadette de 15 ans de Ruth qui, après l’assassinat du policier, est allée vivre chez Rachel (Linda Emond) et Michael (Richard Thomas), parents adoptifs dont la vie est bousculée par la résurgence de l’ex-prisonnière.

Ouf ! Avouons que ça fait beaucoup d’histoires et beaucoup de monde. Mais on doit reconnaître que celles-ci se font correctement écho l’une à l’autre pendant un bon moment. De sorte que l’histoire se tient, elle avance, elle nous tient en haleine. Le spectateur cultive une certaine empathie pour Ruth.

Hélas, ça ne va pas durer. Dans le dernier tiers, certains ressorts dramatiques nous ont paru bricolés un peu n’importe comment afin de justifier un acte, un comportement, un changement d’opinion. Ainsi, le vrai fond de l’histoire autour du meurtre du policier nous tombe dessus comme une tonne de briques et manque de crédibilité.

Lorsque le générique de fin défile, notre conclusion est d’avoir finalement assisté à un intéressant téléfilm, mais certainement pas à un grand film. De fait, The Unforgivable est l’adaptation d’une minisérie britannique sortie en 2009.

Coup de chapeau par ailleurs à Sandra Bullock, qui interprète son personnage avec beaucoup d’abandon. Très mal en point au départ, sa Ruth devient peu à peu plus lumineuse à mesure que le récit avance. Cette évolution est bien dosée, bien orchestrée.

Sur Netflix

The Unforgivable
(v. f. Impardonnable)

Drame

The Unforgivable
(v. f. Impardonnable)

Nora Fingscheidt

Avec Sandra Bullock, Aisling Franciosi et Vincent D’Onofrio

1 h 54