Dans un haut plateau de la Lozère, en France, une femme, Evelyne Ducat, disparaît dans une violente tempête de neige. Seule sa voiture est retrouvée en bordure de route. Or, sans connaître les liens qui les unissent, cinq personnes dispersées sur deux continents sont impliquées dans ce qui a toutes les allures d’un drame insoluble.

Publié le 26 nov. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Une personne honnête qui se fait voler son identité fera tout pour la retrouver, la protéger. Or, son identité, on peut aussi la cacher, la changer, la modifier, la renier… peu importe qui on est !

Quelle est, au juste, l’identité de tous les personnages de Seules les bêtes ? Qui vit dans le vrai ? Qui préfère le mensonge, la façade, la double vie ? Et qu’en est-il de cette Evelyne Ducat (Valeria Bruni Tedeschi) portée disparue ? Comme elle semble être une victime, son identité était-elle plus pure que celle des autres ? Peut-être pas…

Voilà autant de questions, de pistes, d’intrigues que le réalisateur Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) dépose tout au long de la route qu’il a tracée pour le spectateur dans ce formidable film à tiroirs.

Inspiré du roman noir homonyme signé Colin Niel, ce long métrage nous propose cinq histoires unies par la quête d’amour et l’identité. Ces histoires s’emboîtent, se font écho, se télescopent. On nous les raconte à travers une trame narrative complètement déconstruite. Chaque chapitre et chaque scène sont comme des pièces de puzzle que le réalisateur s’emploie à replacer lentement. Le spectateur en est alors partie prenante.

Et tout repose sur l’amour, ou plutôt le besoin d’amour, celui de sentir la chaleur de l’autre, mais aussi de se reconnaître dans le regard de l’autre.

Sans trop en dire sur l’intrigue, notons que tout part de Michel et Alice Farange (Denis Ménochet et Laure Calamy), un couple qui vit dans une maison isolée. Il est agriculteur et reste toujours à la maison. Elle est représentante en assurances et souvent sur la route. Leur couple se délite. Ils cherchent d’autres avenues. L’un d’eux va déclencher une avalanche aux proportions insoupçonnées.

Que l’histoire soit campée dans un des endroits les plus isolés et dépeuplés de France surligne davantage la vie cachée de chaque individu.

S’il y a une faiblesse, elle réside dans un abus de scènes où Michel écrit, pâmé, à la belle Amandine (Nadia Tereszkiewicz), dont l’identité a été usurpée. Ces scènes de « chat » deviennent lassantes et brisent le rythme du film qui, autrement, est emballant.

En fin de parcours, le réalisateur a gardé une surprise, une autre, qui ne peut que faire sourire. Il possédait une dernière carte dans son jeu. Il nous a bien eu.

En salle

Seules les bêtes

DRAME, THRILLER

Seules les bêtes

Dominik Moll

Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Nadia Tereszkiewicz

1 h 58

½

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