Une femme devant accompagner son conjoint alors que ce dernier doit être soigné pour sa santé mentale confie son fils de 9 ans à son frère, un journaliste célibataire.

Publié le 26 nov. 2021
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Mike Mills est ce cinéaste qui, il y a 10 ans, a permis à Christopher Plummer d’obtenir enfin un Oscar grâce à sa performance dans Beginners. C’est avec lui que Joaquin Phoenix a choisi de faire son retour au cinéma, deux ans après Joker et la pléthore de prix que sa composition lui a value.

Dans C’mon C’mon (L’instant même est le titre français au Québec), l’acteur se glisse dans la peau de Johnny, un personnage beaucoup plus « ordinaire » que ceux auxquels il nous a habitués depuis quelques années. Tourné en noir et blanc, ce long métrage indépendant évoque la relation se développant entre un quadragénaire célibataire, dont la vie est plutôt désorganisée, et son jeune neveu, âgé de 9 ans (Woody Norman). Ce dernier aboutit chez son oncle, le temps que sa mère (Gaby Hoffmann) puisse aider son père (Scoot McNairy) à se refaire une santé mentale.

Même si le point de départ de cette histoire pourrait laisser croire le contraire, Mike Mills, qui signe son quatrième long métrage de fiction, n’emprunte aucunement ici une approche traditionnelle, encore moins hollywoodienne. Parsemé d’un voile mélancolique permanent, le récit s’attarde plutôt à analyser, trop parfois, les moindres actions des protagonistes, les moindres paroles qu’ils s’échangent. Pour bonifier son propos, le cinéaste fait de surcroît de Johnny un journaliste allant à la rencontre des jeunes aux quatre coins de l’Amérique en vue d’un reportage, histoire de leur demander comment ils entrevoient l’avenir. Cette piste semble avoir été choisie pour tendre vers quelque chose de plus substantiel, mais elle n’apporte finalement rien de plus.

Magnifiquement photographié (les images sont de Robbie Ryan, cité une fois aux Oscars grâce à The Favourite), C’mon C’mon fait partie de ce genre de film où les émotions sont rationalisées à un point où elles se retrouvent coincées dans leur élan. Cela dit, Joaquin Phoenix, toujours fascinant, est impeccable, et le jeune Woody Norman l’est tout autant.

En salle en version originale et en version originale sous-titrée en français.

C’mon C’mon

Drame

C’mon C’mon

Mike Mills

Avec Joaquin Phoenix, Woody Norman, Gaby Hoffmann

1 h 48

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