Ex-championne d’arts martiaux mixtes tombée en disgrâce, Jackie Justice (Halle Berry) tente un retour à la compétition. Sa démarche attire un promoteur, qui lui offre un combat de championnat du monde. Mais sa route est remplie d’aspérités, notamment lorsque Manny, son fils de 6 ans confié en adoption, réapparaît dans sa vie.

Publié le 26 nov. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Forte d’une carrière de plus de 30 ans, la comédienne Halle Berry passe, pour la première fois, derrière la caméra avec ce drame sportif. Peut-on parler d’un passage réussi à la réalisation pour la comédienne oscarisée en 2002 avec Monster’s Ball ? Oui ! Réussi et percutant.

Percutant dans le sens qu’une des belles qualités de ce long métrage tient dans l’intégralité de ses scènes de combat. Ça cogne. Ça brasse. C’est sans pitié. Le sang gicle. La sueur perle au front. Les cadrages sont serrés. Les scènes de bagarres, nombreuses et généreuses. C’est nerveux. Endiablé. Épuisant. Cruel. Brutal.

Assez convenu dans ses différents éléments narratifs, le scénario de Michelle Rosenfarb est néanmoins convaincant. Par exemple, on apprécie beaucoup cette ambiance très côte est américaine de l’histoire. Jackie vit à Newark, ville anonyme, grise, crasseuse, en banlieue de New York. Son combat de championnat contre Lady Killer (Valentina Shevchenko) a lieu à Atlantic City, ville aussi malmenée dans les dernières années qu’un ou une athlète de combat ayant passé trop de temps dans le ring.

Si tout cela vous fait vaguement penser à Rocky, c’est assez juste. Il est difficile de suivre l’histoire de Jackie Justice sans penser au parcours très « proche du peuple » de l’Étalon italien.

Hors du ring, ou plutôt de la cage, Jackie affronte plusieurs enjeux en même temps. Renouer avec son fils, renouer avec sa mère, mettre fin à une relation toxique avec son conjoint. Elle trouve rédemption auprès d’une entraîneuse, Bobbi Buddhakan Berroa (Sheila Atim), à la fois acharnée et adepte de spiritualité avec qui elle aura une relation amoureuse.

Ça fait beaucoup de choses à gérer. À notre avis, ces histoires secondaires sont trop nombreuses. On aurait pu sans doute abandonner quelques pistes pour resserrer l’ensemble. Le film tend d’ailleurs à s’essouffler un peu avant le combat.

Par ailleurs, et c’est une autre force du film, tous les comédiens sont convaincants, dont le jeune Danny Boyds Jr. qui incarne un Manny muré dans le silence. Dans le rôle de l’incontournable préparateur et homme de coin, ici le bon nommé Pops, Stephen McKinley Henderson est excellent.

Dans son genre, Bruised (Meurtrie en version française) n’invente rien. Mais son approche, très impitoyable, fait qu’on en sort un peu sonné. C’est drôle à dire, mais c’est bon signe !

En salle (cinéma Dollar en VOA seulement) et sur Netflix.

Bruised

Drame sportif

Bruised

Halle Berry

Avec Halle Berry, Sheila Atim, Stephen McKinley Henderson

2 h 09

½

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