Une mère et ses deux adolescents, qui viennent d’hériter d’une vieille maison sur une ferme au milieu de nulle part, sont témoins d’étranges phénomènes paranormaux.

Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Il faut parfois être patient pour voir la suite d’un film. En 1989, on a enfin eu droit à Ghostbusters II, cinq ans après le premier. Ce deuxième chapitre a déçu les attentes par rapport à son prédécesseur, devenu culte. Columbia Pictures a donc pris son temps avant de raconter la suite des aventures des chasseurs de fantômes. Notons que la version entièrement féminine de 2016 – injustement dénigrée par certains – ne fait pas partie de la continuité de l’histoire.

Ainsi, 32 ans plus tard, les Ghostbusters ne sont plus actifs, mais les prévisions d’Egon Spengler sont sur le point de se réaliser. Celui-ci a passé les dernières années de sa vie reclus dans le village de Summerville, en Oklahoma, à se préparer au retour des ectoplasmes. Il a légué sa demeure et sa vaste terre à sa fille Callie (Carrie Coon) qui, dépourvue d’autres options, y emménage à contrecœur avec ses deux adolescents. Alors que Trevor (Finn Wolfhard) est un garçon de 15 ans plutôt typique, sa sœur Phœbe (Mckenna Grace) est le portrait de son grand-père, même si elle ignore tout de lui.

La comédienne de 15 ans est une révélation dans le rôle de la passionnée de science pince-sans-rire. Le personnage de l’enfant surdoué solitaire est fréquent au cinéma, mais elle le joue avec finesse et originalité. Toute la jeune distribution – on inclut ici Paul Rudd, qui semble avoir cessé de vieillir il y a 20 ans – est particulièrement attachante et permet au film de se distinguer des précédents. Car, outre les lieux et l’histoire de famille au centre du récit, le reste de l’œuvre n’est qu’une série de références et de clins d’œil au long métrage de 1984.

Ce n’est pas entièrement une mauvaise chose. La plupart font sourire ou donnent carrément des frissons. Le bruit du démarrage du proton pack et de son laser, la sirène d’Ecto-1, le souffle de la trappe à fantôme… les effets sonores mythiques de Ghostbusters sont dans la même catégorie que ceux de Star Wars. Ghostbusters : Afterlife (S.O.S. fantômes : l’au-delà en français) est une réussite autant pour les yeux que pour les oreilles.

Le pouvoir de la nostalgie est grand. Inconsciemment, on se crée dans la tête une liste de ce qu’on espère voir durant le film. Une fois qu’ils apparaissent à l’écran, ces souvenirs renouvelés provoquent une joie intense, qui s’estompe rapidement. On s’habitue vite à une émotion familière. Le dernier acte en souffre pour cette raison. On comprend que Jason Reitman (Up in the Air, Tully) a voulu rendre hommage au travail de son père Ivan et au regretté Harold Ramis en plus de faire plaisir aux fans. Ce faisant, il a aussi atteint les limites de ce que peut accomplir la nostalgie.

Note pour les parents : sachez qu’un garçon de près de 6 ans, qui a courageusement vu les deux premiers volets de Ghostbusters il y a quelques semaines, a trouvé Afterlife « plus épeurant et plus long ». Et il a raison !

En salle

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Ghostbusters : Afterlife

Comédie d’épouvante

Ghostbusters : Afterlife

Jason Reitman

Avec Mckenna Grace, Finn Wolfhard, Carrie Coon

2 h 04

½