Au Texas, le jour où le hors-la-loi Nat Love (Jonathan Majors) découvre que son ennemi juré Rufus Buck (Idris Elba) s’est évadé grâce à l’intervention sanglante de Trudy Smith (Regina King), il constitue un petit groupe de mercenaires pour l’éliminer. Mais Rufus aussi a des alliés. Dès lors, un horrible affrontement se dessine.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Les quelques mots, apparaissant avant la première image, sont annonciateurs. L’histoire est fictive, mais « Ces. Gens. Existent ».

Et nous voilà plongés dans un western américain pur jus dont tous les protagonistes, hommes et femmes, héros et (ultra) méchants, bons, brutes et truands, sont afrodescendants.

Attention ! Dans les 137 prochaines minutes, tous les protagonistes vont s’entretuer, se massacrer, se torturer, se voler des tonnes de dollars, se rançonner, se détester jusqu’à la moelle. Et comme dans tout western qui se respecte, ils vont aussi se soûler la gueule dans des saloons enfumés et bordéliques… dans tous les sens du mot.

Autre constat, les deux bandes de cowboys noirs qui s’affrontent sont composées d’individus à classer dans la même catégorie, celle des hors-la-loi. Il y a les méchants fins et les méchants pas fins, si on peut résumer les choses ainsi.

On reconnaît les codes du western, mais la mise en scène est singulière. C’est constamment fou, survolté, endiablé, hyper violent, « tarantinesque », avec quelques clins d’œil, notamment dans les plans larges destinés à faire jaillir l’émotion, au western spaghetti. Les deux importants personnages féminins, incarnés par Regina King et Zazie Beetz, ont tout autant la fibre létale que leurs partenaires masculins. La trame sonore comprend des pièces hip-hop et reggae.

La plus belle idée de mise en scène survient lorsqu’une des bandes doit attaquer la banque d’une ville pour remettre une rançon à l’autre groupe de gangsters. La banque à braquer est dans une ville… blanche. Où tout, absolument tout, est blanc. Comme si les membres de la production avaient eu envie de dire : « Hé ! Les mecs, hommes blancs d’Hollywood qui dominez l’industrie depuis trop longtemps, prenez donc des notes ! »

Ce pari audacieux est dans l’ensemble bien réussi et divertissant. Mais vous savez ce qu’on dit : trop, c’est comme pas assez. On a voulu beurrer épais. Trop épais. Le scénario s’étire inutilement, les histoires s’empilent les unes par-dessus les autres comme si on ne trouvait plus la porte de sortie. Dans ce contexte, les tics de certains personnages décalés finissent par tomber sur les nerfs et quelques passages sont plus burlesques, donc moins crédibles.

La dernière image du film annonce une suite. Souhaitons-la tout aussi inventive et audacieuse, mais en resserrant quelques boulons.

En salle le 22 octobre et sur Netflix le 3 novembre.

The Harder They Fall

Western

The Harder They Fall

Jeymes Samuel

Avec Idris Elba, Jonathan Majors et Regina King

2 h 17

½

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