Sept fois champion du monde de Formule 1 et détenteur de 91 victoires, Michael Schumacher a marqué le monde de la course automobile. Ce documentaire revient autant sur son enfance que sur les grands moments de sa carrière et de sa vie de famille, jusqu’à sa disparition de la scène publique en 2013.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Le pilote de Formule 1 Michael Schumacher était intrépide, audacieux, batailleur, borné, pugnace. Bref, un homme plus grand que nature qui a fait honneur à son sport au cours d’une carrière de 19 saisons. Ce documentaire sans relief ne lui rend pas justice.

Entendons-nous. Il y a assez d’éléments dans ce film pour éduquer et divertir le spectateur. Avec l’aide de la famille, on a ouvert les livres sur sa vie personnelle. Ainsi, des images d’archives nous le montrent gamin en train de faire ses premiers pas en go-kart. Déjà, il avait un sens inné de la conduite sur route.

Parlant de la famille, son père Rolf témoigne à la caméra. Tout comme son frère Ralf, sa femme Corina, ses enfants. Beaucoup de photos et de séquences filmées, certaines inédites, de sa vie privée accompagnent ces passages.

Le problème, c’est que tout cela est appuyé à l’extrême et farci de lieux communs. Écoutez bien ce qu’ils racontent. Il n’y a pas grand-chose de transcendant là-dedans.

Tout ce qui est consacré à la F1 est plus d’intérêt. On comprend que la carrière du pilote a été jalonnée de quelques accrochages et accidents importants. On retient ici l’accrochage spectaculaire avec Ayrton Senna à Magny-Cours en 1992, celui avec Damon Hill à Adélaïde en 1994 (qui lui donnera son premier championnat) et celui, mémorable, de Jerez en Espagne en 1997 à la suite duquel Jacques Villeneuve décroche le Championnat du monde.

Après avoir été disqualifié, Schumacher reconnaîtra du bout des lèvres avoir eu tort, un très rare mea-culpa.

Parlant de Jacques Villeneuve, il ne fait que passer dans le documentaire. Contrairement à Mika Häkkinen, David Coulthard, Damon Hill et Eddie Irvine, il n’est pas interviewé (à moins qu’il ait refusé ?). C’est tout juste si on ressort un extrait de quelques secondes d’une entrevue accordée en 1997. À notre connaissance, il n’y a rien non plus sur le Grand Prix du Canada, sauf la photo du dossier de presse publiée ici, dans ce film.

Tout cela nous conduit de façon linéaire et chronologique à l’accident de ski du 29 décembre 2013 à Méribel, en France. Dans le coma durant des mois, Schumacher ne sera plus jamais revu. On sent que ce chapitre est un mal nécessaire tellement il en ressort peu de substance.

Dans cette mise en scène ordinaire, le meilleur moment est, ironiquement, dans la scène d’ouverture lorsque Schumacher fait de la plongée sous-marine. Cette image, écrasante de silence, nous renvoie à l’enfermement physique et psychologique dans lequel il semble (on ne l’a pas revu) devenu prisonnier.

Sur Netflix.

Schumacher

DOCUMENTAIRE

Schumacher

Hanns-Bruno Kammertöns, Vanessa Nöcker et Michael Wech

Avec James Allen, Mika Häkkinen, la famille de Michael Schumacher

1 h 52