Dans cette nouvelle adaptation du célèbre conte de fées, Cendrillon caresse le rêve de devenir créatrice de mode. Le prince charmant et elle tombent amoureux et définissent ensemble leur avenir.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

L’histoire d’une jeune femme qui échappe à la pauvreté en épousant un prince, popularisée par Charles Perrault en 1697 et les frères Grimm en 1812, fascine depuis toujours. De multiples variantes ont été répertoriées au fil du temps. Des films comme Ever After (1998) et Ella Enchanted (2004) ont présenté une vision moderne de l’héroïne. Disney, en 2015, est revenu à la charge en proposant sa version en prises de vues réelles de son classique d’animation. C’est loin de s’arrêter là. La nouvelle comédie musicale Cinderella, dont Andrew Lloyd Weber a composé la musique, reçoit d’excellentes critiques depuis sa première à Londres, le 18 août. C’est maintenant au tour d’une nouvelle production cinématographique d’explorer le sujet, cette fois sous la direction de Kay Cannon, qui a aussi signé le scénario.

La réalisatrice, qui a notamment écrit les scénarios de la franchise Pitch Perfect (La note parfaite), était entourée d’une équipe aguerrie afin de camper l’histoire dans une époque indéfinie, mais qui intègre des éléments modernes dans un monde aux relents du XVIIIsiècle. Les décors sont magnifiques et les costumes, confiés à Ellen Mirojnick (Maleficent : Mistress of Evil, télésérie Bridgerton), fabuleux. Certains numéros de danse sont par ailleurs particulièrement réussis, dont celui réalisé au son de Somebody to Love, de la formation britannique Queen.

Cette comédie musicale se veut résolument de notre temps, avec des chansons empruntées au répertoire contemporain et quelques compositions musicales inédites. La chanteuse américaine d’origine cubaine Camila Cabello, découverte dans le cadre de l’émission The X Factor avec les autres membres du groupe Fifth Harmony, fait ses premiers pas au cinéma dans le rôle d’une Cendrillon encore soumise aux diktats d’une belle-mère ingrate (Idina Menzel), mais qui aspire à se faire un nom dans l’univers de la mode. Elle est bien assortie avec le prince Robert, lui aussi insatisfait de son sort, campé de belle façon par Nicholas Galitzine.

Tous les ingrédients sont là : la chimie entre Cendrillon et son prince charmant, le bal au somptueux palais, les souris transformées en valets, le carrosse, la fée marraine (dans ce cas-ci, l’extravagant acteur queer Billy Porter, prouvant que la féérie n’a pas de genre), la splendide robe de bal, les souliers de verre, l’horloge et le retour à la normale passé minuit. Sauf que… la magie fait défaut.

Afin de bien faire passer le message que chacun est maître de sa destinée, les personnages sont pris dans un carcan pendant les trois premiers quarts du film. Pour Cendrillon et ses deux belles-sœurs, aucun salut n’est possible hors du mariage. Leurs perspectives sont sombres. Même chose pour le prince Robert, qui doit absolument obéir à son père, l’insupportable roi Rowan (Pierce Brosnan). Imbu de lui-même, il impose ses vues à sa femme, la reine Beatrice (Minnie Driver), et à leur fille, la princesse Gwen (Tallulah Greive). L’atmosphère devient lourde. Tout semble immuable, jusqu’à ce que chacun remette en question sa situation et change sa façon de voir les choses. C’est trop subit à 30 minutes de la fin et trop facile, afin d’offrir un point de vue féministe. C’est trop peu trop tard. Le gâteau ne lève pas.

Présenté sur la plateforme Prime Video

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Cinderella

Comédie musicale

Cinderella

Kay Cannon

Avec Camila Cabello, Idina Menzel, Billy Porter

1 h 53

½