Ellie, journaliste ambitieuse d’un quotidien de Londres, découvre la correspondance romantique vieille de plusieurs décennies entre Jennifer, femme d’un riche industriel, et Anthony, journaliste économique chargé de faire le portrait de ce dernier. Ellie part à la recherche de ces amoureux séparés par leurs choix et le passage du temps.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Aussi bien le signaler tout de suite, ce petit film d’amourette, qui s’enlise parfois dans la guimauve, ne risque pas de faire le plein de prix et d’hommages. Mais tant sa constitution que le travail très convenable des acteurs et son sujet (l’amour !) plairont à bien des gens. Ce fut notre cas.

Inspiré du roman à succès de Jojo Moyes, le film nous transporte à deux époques, le milieu des années 1960 et les années 2000, se faisant écho l’une et l’autre tout au long de l’histoire. Un pari risqué notamment parce qu’on oscille allègrement ici entre drame et comédie. Mais tout cela est bien dosé et équilibré.

Le drame se passe dans les années 1960 où Jennifer Stirling (Shailene Woodley), femme malheureuse et souvent laissée seule par son mari, s’éprend d’Anthony O’hare (Callum Turner), journaliste avec qui elle passe de plus en plus de temps.

Le personnage de Jennifer est largement inspiré de Jackie Kennedy, pour le style, et de la princesse Grace de Monaco, notamment dans une scène spectaculaire où elle conduit une voiture dans le sud de la France.

De cet amour brûlant mais jamais totalement vécu entre Jennifer et Anthony restera un paquet de lettres que la journaliste Ellie Haworth (Felicity Jones) s’emploiera à rassembler dans les années 2000 avec l’aide de l’archiviste Rory (Nabhaan Rizwan). Sans aucune surprise et avec une bonne rasade d’eau de rose, Cupidon va aussi frapper chez Ellie et Rory qui se draguent par textos.

Si le film fonctionne, c’est parce qu’il a été fait avec sérieux. À commencer par le jeu des acteurs, notamment Shailene Woodley, magnifique et visiblement inspirée par son personnage.

Toute la portion campée dans les années 1960 est élégante, somptueuse, avec des décors à faire rêver. Le montage est efficace et fait bien avancer le scénario. L’ensemble est charmant.

Et puis, on parle d’amour. Qui n’a pas eu un jour le goût de croire à une histoire plus grande que nature ? Les artisans du cinéma l’ont compris depuis longtemps ! Alors, oui, en dépit de tout le glaçage de ce film, on a le goût de s’abandonner dans cette histoire.

À regarder (et à vivre par procuration) cet été durant un jour de pluie. Parce que les courriels et les textos ne remplaceront jamais les lettres d’amour.

Sur Netflix.

The Last Letter from Your Lover

DRAME D’AMOUR

The Last Letter from Your Lover

Augustine Frizzell

Avec Shailene Woodley, Callum Turner, Felicity Jones

1 h 50