Dix-huit mois après la sortie de Star Wars – The Rise of Skywalker, on ne divulgâche rien en rappelant la joie ressentie par les fans de la saga lorsque Chewbacca a finalement reçu la Médaille de la bravoure.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Ces fans ont poussé des hourras face à ce geste mettant fin à 42 ans d’injustice. Quant aux néophytes, ils sont demeurés stoïques ou ont demandé à leur voisin de siège (c’était à une autre époque !) ce qui se passait.

Une telle situation pourrait certainement survenir avec la sortie du long métrage Kaamelott — Premier volet, d’Alexandre Astier. Nous arrivant de la Gaule, ce film débarque sur nos écrans avec un bagage de 6 saisons télé et 458 épisodes de fantaisie médiévale inspirée de la légende arthurienne.

Qu’on se rassure ! On peut voir ce film avec un regard non initié et y prendre grand plaisir.

Ce fut notre cas pour la bonne raison que les auteurs savent créer des tons, des situations, des répliques parfaitement universelles. Mais force est de constater qu’une petite initiation à cet univers foisonnant, par les nombreux volets, lieux et personnages, constituera un trésor de guerre enviable.

Pour cela, on se tournera vers YouTube où l’on trouvera beaucoup d’épisodes et éléments de cette série française dont la diffusion originale a eu lieu entre 2005 et 2009 sur la chaîne M6, et sur Historia ensuite chez nous.

Donc, l’histoire. Détrôné, le roi Arthur n’est plus qu’un pauvre hère enfermé dans une cage où la mort le grignote un peu plus chaque minute. Pendant ce temps, Lancelot du Lac règne et a fait mettre à genoux les habitants du royaume de Logres (la moitié sud-est de l’Angleterre dont Arthur était roi).

PHOTO FOURNIE PAR MK2 MILE END

Une scène du film

Aidés par les dieux, quelques proches d’Arthur réussiront à le libérer. À partir de là, ce dernier entreprendra la longue reconquête de ses terres. Qui sera à ses côtés ? Qui ne le sera pas ? Les chevaliers de la Table ronde, ce conseil d’administration poussiéreux où l’équité hommes-femmes est un dossier à examiner, seront-ils de l’aventure ? Et qu’en est-il de la belle Guenièvre, toujours aussi convoitée ?

Tout cela nous est raconté sans temps morts et avec la formule qui a fait la renommée de la série. C’est bon enfant, étoilé de répliques et de jeux de mots savants ou salés (« Est-il possible de réduire la voilure sur la connerie ? »), c’est très fort dans le domaine des coiffures, costumes et maquillages. Même les effets spéciaux vers la fin du film sont intéressants.

Et bien sûr, l’ensemble ne lésine pas dans ses sources d’inspiration et ses clins d’œil à des évènements récents. Ces quelques scènes du départ dans le désert ne sont pas sans rappeler celles de Star Wars. Et que dire du voile bleu électrique enveloppant Excalibur, épée magique au bord de laquelle a été aménagé un marché aux puces (pissant).

Un collègue a aussi remarqué une savoureuse réplique dans un passage filmé sous terre, où les résistants se plaignent d’être confinés, tout en devant respecter une distanciation. Cela ne nécessite pas d’explication !

Ailleurs, un personnage maugrée sur l’interdiction d’importer du vin, sans doute un renvoi aux négociations du Brexit (la viticulture est effectivement un enjeu).

Côté jeu, personne n’émerge au-dessus de la mêlée. Il faut dire qu’il y a tellement de personnages, tous créant un si fort chaos, que l’interprétation nous semble ici un enjeu secondaire. On s’amuse néanmoins à découvrir un nouveau venu dans la série, Sting dans le rôle du Saxon Horsa. Comme on dit dans la perfide Albion : by Jove !

En salle.

Kaamelott — Premier volet

COMÉDIE FANTASTIQUE

Kaamelott — Premier volet

Alexandre Astier

Avec Alexandre Astier, Géraldine Nakache, Alain Chabat, Sting

2 h

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