Quand un théâtre de marionnettes s’arrête dans son village, un modeste menuisier vivant dans la pauvreté et la solitude est saisi d’une belle idée : fabriquer le plus beau des pantins. En la façonnant dans un morceau de bois magique, sa création prend vie et n’en fait plus qu’à sa tête…

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Reconnu pour des œuvres sombres et violentes à la Gomorra et Dogman, le cinéaste italien Matteo Garrone arrive là où l’on ne l’attend pas en proposant sa vision du conte classique de Carlo Collodi. Son Pinocchio servira dorénavant de référence, dans la mesure où cette adaptation cinématographique se distingue de toutes les autres ayant été faites auparavant, grâce à cette volonté d’évoquer plus fidèlement le roman original, publié en 1883.

La grande réussite de la version de Garrone est d’avoir su honorer la magie de cette fable dans un contexte réaliste, lequel évoque la grande pauvreté dans laquelle vivait une partie de la population italienne à la fin du XIXsiècle. Sur ce plan, on peut aussi tracer un parallèle avec des thèmes très actuels, liés aux conditions de vie difficiles avec lesquelles doivent composer beaucoup de nos contemporains.

Le récit de Matteo Garrone, qu’il a coécrit avec Massimo Ceccherini, est construit autour d’une relation père-fils. Quand le pantin, devenu jeune garçon, préfère partir à l’aventure pour découvrir le monde plutôt que d’aller à l’école, son créateur n’hésitera pas à partir à sa recherche, quitte à franchir des océans s’il le faut. Faisant un grand retour après s’être fait plus rare pendant une quinzaine d’années, Roberto Benigni se glisse avec sobriété dans la peau de Geppetto et s’y révèle très touchant. Le jeune Federico Ielapi offre aussi une performance remarquable dans le rôle de Pinocchio.

Visuellement splendide et très riche, principalement destiné à un public familial, ce long métrage n’évite pas les moments plus flottants sur le plan narratif, mais s’inscrira néanmoins avantageusement dans la collection d’adaptations dont le conte de Collodi a fait l’objet. Rappelons que la prochaine en lice est celle que nous offrira prochainement Guillermo del Toro...

Pinocchio, de Matteo Garrone, est à l’affiche en salle en version originale italienne sous-titrée en français ou en anglais, ainsi qu’en version doublée en français ou en anglais.

Pinocchio

Conte

Pinocchio

Matteo Garrone

Avec Roberto Benigni, Federico Ielapi, Rocco Papaleo

2 h 04

½