Élevée par sa tante dans un milieu riche et guindé, une préadolescente de 12 ans retourne dans son petit village natal du Far West, où son père habite toujours. Elle est attirée par un étalon sauvage, Spirit, qu’elle parvient à apprivoiser, et forge aussi deux solides amitiés.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Le film d’animation Spirit : Stallion of the Cimarron, de DreamWorks, a fait sa marque en 2002 en mettant de l’avant un étalon épris de liberté à l’époque de la cruelle conquête de l’Ouest. Depuis, le puissant animal s’est assagi. Il tient un rôle prédominant dans la série d’animation Spirit Riding Free (Spirit : Au galop en toute liberté), diffusée sur Netflix et qui compte (pour l’instant) huit saisons. Le film d’animation Spirit Untamed revient en quelque sorte sur les débuts de la série, avec un travail d’animation par ordinateur beaucoup plus raffiné.

Surprise (!), le film d’animation débute par l’allusion à la mort accidentelle de l’artiste équestre d’origine mexicaine Milagro Navarro, mère de la petite Lucky Prescott. Dix ans plus tard, cette dernière vient passer l’été dans un univers peuplé de chevaux, qui lui est totalement étranger, où elle renoue (superficiellement) avec ses racines.

Durant cette période, c’est la sympathique tante Cora (Julianne Moore, lauréate d’un Oscar pour Still Alice) qui a pris sa nièce sous son aile lorsque son frère Jim (Jake Gyllenhaal, un autre canon hollywoodien), rongé par le chagrin, s’est cru incapable de prendre soin de son enfant. La relation tendue entre le père et la fille évolue au fil de l’histoire, lui donnant un peu de relief.

Évidemment, c’est la relation entre la jeune Lucky et l’étalon sauvage Spirit, qui apprennent à se faire confiance, qui importe, tout comme les liens tissés entre l’intrépide nouvelle venue, la sage Pru et l’exubérante Abigail, qui deviendront d’inséparables amies. La présence de méchants truands, prêts à tout pour voler une horde de chevaux sauvages, va presque de soi pour ajouter une touche de danger et d’imprévisibilité.

La réalisatrice Elaine Bogan est elle-même passionnée d’équitation. Cela paraît dans de nombreuses scènes, dont celle où l’on assiste à la danse entre Spirit et Lucky (d’une maigreur désolante), qui prennent leurs distances puis se rapprochent. D’autres scènes sont carrément improbables ou loufoques. C’est le cas, par exemple, lorsque les trois amies se remettent de leurs émotions autour d’un feu, en pleine nuit, et font griller des guimauves (inventées beaucoup plus tard, en 1948). L’effet voulu est amusant et ça fonctionne (tout comme la présence d’un adorable poulain, d’un âne difforme très mignon et d’un petit frère espiègle toujours prêt à monnayer ses services).

Le film d’animation aux couleurs vibrantes est destiné à une clientèle familiale. DreamWorks a gâté le public par le passé avec les superproductions des franchises How to Train Your Dragon (Dragons) et Madagascar. Cette fois-ci, on a l’impression qu’on a tourné certains coins ronds. L’occasion était belle d’explorer davantage les racines à la fois américaines et mexicaines de Lucky. Mais le récit demeure en surface. Les émotions aussi.

À l’affiche en salle

Spirit Untamed V. F. Spirit : L’indomptable

Film d’animation

Spirit Untamed V. F. Spirit : L’indomptable

Elaine Bogan

Voix d’Isabela Merced, Julianne Moore, Jake Gyllenhaal

1 h 28

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