Atteint d’un cancer des poumons en phase terminale, Pierrot est de retour dans son patelin, après bien des années d’errance, pour faire la paix avec son passé. Serein face à la mort imminente, il demandera à son meilleur ami, Jacques, de l’aider avec ses derniers adieux. 

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Avec Les vieux chums, son 10film en carrière, le réalisateur Claude Gagnon livre une œuvre sobre, très personnelle… mais sans reliefs. À 71 ans, le cinéaste avait envie d’aborder des thèmes graves, que seuls les épreuves et le recul du temps nous permettent de traiter avec philosophie.

Gagnon touche à des sujets comme la mort, la maladie, l’amour, l’amitié et les relations père-fils à travers l’histoire de Pierrot (Patrick Labbé), un « ado attardé » dans la jeune cinquantaine qui rentre au bercail pour faire la paix avec son passé.

Condamné par un cancer fulgurant, Pierrot retourne dans sa ville d’enfance, à Saint-Hyacinthe. Il annonce à ses proches qu’il ne lui reste que deux ou trois mois à vivre. Puis il demande à son meilleur ami Jacques (Paul Doucet) de l’accompagner au Maroc, pays où il a bourlingué, afin de l’aider à bien boucler la boucle.

Toutefois, Jacques a aussi des deuils à faire dans ses propres relations pour avancer dans sa vie personnelle. En rendant service à son vieux chum, Jacques arrivera-t-il à faire la paix avec lui-même ?

Les vieux chums raconte donc l’apprentissage d’une lente et douce réconciliation avec la vie à travers la mort. « La mort nous aide à grandir, à mieux apprendre à vivre », dit d’ailleurs le père de Jacques dans une scène du film. Or, si les intentions sont nobles, le résultat est décevant, tant le récit peine à trouver son souffle.

Le réalisateur de Kamataki n’arrive pas à donner un nouvel angle à une histoire souvent visitée. Son scénario est trop bavard, comme si Gagnon (qui écrit, réalise, monte et produit ce film à petit budget) avait peur de laisser parler les silences, les émotions, les visages ; toutes ces choses primordiales dans une œuvre qui témoigne de notre impuissance devant la souffrance, la disparition, l’abandon.

Patrick Labbé et Paul Doucet défendent avec honnêteté les deux vieux amis protagonistes. Par contre, les rôles secondaires sont très en surface, voire des ébauches, et ils n’arrivent pas à nous convaincre. À l’exception de Marie-Pier Labrecque, danseuse dans un bar de la ville, qui joue son mystérieux personnage au-delà du cliché.

En fin de compte, Les vieux chums est un film qui navigue constamment entre légèreté et gravité, hélas sans jamais trouver le ton juste.

En salle dès maintenant

Les vieux chums

Drame

Les vieux chums

Claude Gagnon

Avec Patrick Labbé, Paul Doucet, Marie-Pier Labrecque

1 h 49