Traversant une ville anonyme du Nevada, un homme silencieux est piégé par un homme d’affaires du coin. Il accepte de faire réparer gratuitement sa voiture en échange de nettoyer, le temps d’une nuit, un restaurant familial tombé en ruine. Mais les personnages en peluche du restaurant ont d’autres projets.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Willy’s Wonderland s’appuie sur les mêmes bases que le film Things Heard & Seen dont il est question aussi dans cette page (voir autre critique). Mais l’histoire se développe avec une approche diamétralement opposée !

Là où Things Heard & Seen explore le thème de l’horreur et de la peur dans une convaincante approche tout en subtilités, l’intrigue de Willy’s Wonderland nous saute pratiquement au visage !

Ce film, dont la plus grande part du budget a sans doute été consacrée à l’achat de faux sang, est électrique, violent, baroque, décadent, explosif, endiablé, compulsif. Et souvent drôle tellement les situations sont ridicules et risibles.

Durant toute une nuit, le personnage du concierge (Janitor), incarné par un Nicolas Cage carburant à une boisson caféinée, va affronter des peluches robotisées géantes, possédées et hystériques, qui vont chercher à lui faire la peau. Durant ce temps, à l’extérieur, une bande de jeunes adultes attardés menés par Liv (Emily Tosta) vont tenter de mettre le feu à l’endroit dans le but de chasser les démons qui y résident.

Tout cela est beaucoup plus divertissant que la dernière cérémonie des Oscars, mais on n’y croit pas une seconde. On ne ressent par exemple aucun sentiment de peur parmi les personnages, qui auraient pourtant dû avoir ne serait-ce qu’une petite frousse.

Le traitement fait très clip des années 1980 avec travellings avant en accéléré, arrêts sur image, passages saccadés, ambiances de lumières noires, etc. Sans surprise, les scènes d’action sont tournées avec une avalanche de décibels rock.

Tout cela est à la fois drôle et insignifiant. On sent un tournage à la va-vite où les acteurs sont venus « puncher » au lieu de jouer. Une mention, toutefois, pour une scène d’anthologie où Cage-le-Concierge donne une raclée mémorable à un gros gorille vert.

La finale, encore une fois sans surprise, est désolante et fait carrément « mononcle ».

Que ce film devienne culte dans quelques années pour les mauvaises raisons ne nous surprendrait pas.

En VSD sur différentes plateformes

IMAGE FOURNIE PAR VVS FILMS

Willy’s Wonderland, un film de Kevin Lewis

Willy’s Wonderland

Comédie d’horreur de Kevin Lewis. Avec Nicolas Cage, Emily Tosta, Ric Reitz.

1 h 29

★★½