Les longs métrages centrés sur l’archéologie versent souvent dans la science-fiction, le thriller ou l’horreur. Pensons à The Pyramid, Lara Croft ou les aventures d’Indiana Jones. Or, dans The Dig, drame basé sur une histoire réelle, le vrai travail d’archéologue est mis en valeur. Et ça, c’est très précieux !

Publié le 29 janv. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

S’il n’y avait que ça, mais non ! The Dig est un récit formidable qui explore tout à la fois l’amour du travail, le rôle de la science dans nos vies, la richesse de nos existences éphémères, l’amour, la vie, mais aussi, beaucoup même, la mort.

Dans ce film, la terre, oui, la terre, celle qu’on creuse, celle qui salit les mains, celle qui est sèche ou boueuse, rocailleuse ou argileuse, est un personnage. Sans blague ! Ici, la terre, tombeau d’innombrables trésors, est partout. Elle est source de convoitise et d’imagination débordante au même titre que les étoiles dans le ciel.

Campée dans le Suffolk anglais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, cette histoire est vraie. D’abord transposée en roman avant d’être portée à l’écran, The Dig fait le récit d’Edith Pretty (Carey Mulligan), veuve, mère de famille monoparentale, atteinte d’une maladie incurable, qui fait appel à un archéologue amateur (ou fouilleur) pour mettre à jour les trésors pouvant se trouver sous les tumulus de sa vaste demeure en bordure d’un cours d’eau.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Ralph Fiennes dans The Dig

Or, Basil Brown (Ralph Fiennes), le fouilleur en question, fait une découverte majeure sous l’un de ces tertres. Non seulement le bateau anglo-saxon de Sutton Hoo date du VIe siècle, mais il est également rempli de trésors ! Tandis que Basil Brown se rapproche du fils d’Edith, Robert (Archie Barnes), condamné à devenir orphelin, la découverte de l’embarcation devient une affaire d’État.

Il suffit d’avoir traversé les cinq premières minutes du film pour comprendre à quel point les artisans ont tout misé sur l’aspect esthétique de l’histoire.

Direction photo, lumière, cadrages, décors, tout est ici somptueux. Il y a fort à parier qu’en cette époque de confinement, les exploitants de salles rageront de voir ce film, dont chaque scène est soignée, ne pas être diffusé sur grand écran.

Pour notre plus grand plaisir, le scénario comme le jeu des acteurs sont tout aussi séduisants. À commencer par Ralph Fiennes, excellent en homme simple et assoiffé de connaissance, mais mal à l’aise quand vient le moment de s’affirmer.

Plusieurs scènes se font subtilement écho. Comme celle de cet avion de chasse anglais qui s’abîme au fond de la rivière. Au premier coup d’œil, cette scène semble anecdotique. Or, cet avion est appelé à devenir, comme le Sutton Hoo, un trésor d’ingénierie enfoui pour, qui sait, plusieurs siècles dans le limon avant que des archéologues le retrouvent.

PHOTO FOURNIE PAR LE BRITISH MUSEUM

Découverte du véritable bateau de Sutton Hoo

Ce rapport au temps, à la mort, aux traces que nous laissons, volontairement ou non, derrière nous, donne ici le frisson.

Avec raison, certains diront que ce film n’est pas sans failles. D’abord, et malgré l’équilibre parfait entre elles, il y a beaucoup trop d’histoires secondaires. On aurait pu davantage rester collé à l’histoire centrale, déjà très riche. Une simple visite sur le site internet du British Museum en fait la preuve.

IMAGE FOURNIE PAR NETFLIX

The Dig, de Simon Stone

Et on verse parfois dans la guimauve, surtout vers la finale, avec notamment une bluette tire-larmes un peu plaquée.

Pas grave. Ces quelques couacs ne font pas le poids face à la somme des grâces de ce film grand public qui donne envie de croire au pouvoir de plusieurs vertus cardinales destinées à nous faire vivre des lendemains meilleurs. Ce qui n’est pas rien ces jours-ci.

Offert sur Netflix.

★★★★

The Dig. Drame de Simon Stone. Avec Ralph Fiennes, Carey Mulligan, Archie Barnes. 1 h 52.