Une fillette de 10 ans, aventureuse, se retrouve sur une île où l’âge et le temps ne font plus effet. Wendy doit ainsi se battre pour sauver sa famille, sa liberté, ainsi que son esprit de jeunesse face au danger mortel de grandir.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Dire de Wendy qu’il était attendu relève de l’euphémisme. Cette relecture du conte de Peter Pan est en effet l’œuvre de Benh Zeitlin, un cinéaste qui, il y a maintenant huit ans, s’est avantageusement fait remarquer grâce à Beasts of the Southern Wild. Au lieu d’accepter les ponts d’or qu’on lui a offert à Hollywood, Zeitlin a préféré prendre son temps et faire les choses à sa façon, ce qui est tout à son honneur.

Même si on retrouve dans ce deuxième long métrage le sens de la mise en scène et la même facture visuelle — impressionnante — que dans son premier opus, force est de constater que Wendy, hélas, déçoit.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Wendy

L’idée de départ est pourtant formidable, et le prélude est très réussi : Wendy (excellente Devin France) grandit dans le modeste restaurant que tient à bout de bras sa mère, qui l’élève seule. Sentant très rapidement que son avenir s’annonce plutôt sans issue, la fillette, à 10 ans, rêve d’un ailleurs meilleur en regardant ce train qui passe régulièrement devant chez elle, et sur lequel se tient un petit garçon — prénommé Peter — qui semble s’amuser sur le toit des wagons.

À partir du moment où Wendy — en compagnie de ses deux frères — décide de partir à l’aventure avec Peter (Yashua Mack) et aboutit sur une île dévastée par les changements climatiques, le récit perd son ancrage. Trop intense pour les enfants, trop lourd de symboles pour les adultes, Wendy tente bien d’emprunter la forme du conte, mais le réalisme magique que Zeitlin insère dans son film ne produit tout simplement pas l’effet escompté, ni d’émotion. Dommage.

★★½

Wendy. Un conte de Benh Zeitlin. Avec Devin France, Yashua Mack, Gage Naquin. 1 h 52.

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