Entourée d’amies proches et marchant sur le territoire de ses ancêtres innus, la poétesse Joséphine Bacon, 73 ans, revient sur les grands évènements qui ont marqué sa vie et sur sa quête incessante de faire vivre et de préserver sa langue et sa culture.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Quelquefois, dans une vie, survient ce moment de grâce où l’on tombe amoureux. Avec une personne, un personnage, une vision, un livre, un lieu, une ville, un film… Tomber amoureux dans le sens « être bien avec » sous tous les angles, dans tous les aspects. Sans enjeux, sans avoir de doutes, sans faire de comparaisons, sans installer la personne, le sujet ou l’objet aimé dans une case.

C’est ce qui nous est arrivé avec ce film. Imparfait, certes, mais au terme duquel nous avons juste eu envie d’en savoir plus, tant sur Joséphine Bacon que sa poésie, sur les Premières Nations, sur le nord du Québec.

Femme lumineuse. Femme de mots, simples et beaux. Femme dans un territoire dont la beauté austère nous chavire. Femme marquée par les revers de la vie et qui, malgré tout, avance, son éternel sourire accroché à son visage parcheminé. Joséphine Bacon va son (beau) chemin.

Il faut bien sûr donner le crédit à la cinéaste Kim O’Bomsawin qui a saisi ce moment. Son documentaire est en fait un film d’amour, consacré à une femme à l’âme pétrie d’espoir qui prend juste la place qui lui revient. Le sujet, une femme lumineuse, s’est traduit par un film lumineux dans tous les sens.

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Je m’appelle humain

C’est aussi un film sur un art, la poésie, pleinement assumé. Et un film sur la langue, où innu et français se côtoient. D’ailleurs, les dirigeants de Cinemania, festival montréalais de films francophones, l’ont manifestement compris et l’ont intégré à leur programmation. Quelle magnifique idée.

En mars 2019, le cinéaste Loïc Darses nous avait interpellé avec son documentaire La fin des terres, dans lequel l’identité québécoise était intimement liée à l’occupation, la mise en valeur et la préservation du territoire. Je m’appelle humain s’inscrit parfaitement dans cette conception contemporaine des choses.

Comme son sujet, Je m’appelle humain regarde vers l’avant.

Offert en VSD sur les plateformes des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée

★★★★

Je m’appelle humain. Documentaire de Kim O’Bomsawin, avec Joséphine Bacon, Laure Morali et Marie-Andrée Gill, 1 h 18.