Ancien entraîneur à MarineLand, Phil Demers devient en 2012 lanceur d’alerte sur la maltraitance des mammifères marins en captivité. Le parc touristique de Niagara Falls contre-attaque avec une poursuite de 1,5 million de dollars pour un complot visant à voler le morse dont il avait la garde. C’est le début d’une quête surréaliste, ancrée dans un mouvement visant à mettre fin à la captivité des animaux. À voir !

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

« Tout le monde aime MarineLand ! », chante la publicité dans nos deux langues officielles. Pas Phil Demers. Le Franco-Ontarien a plutôt une relation amour-haine avec le parc aquatique, haut lieu touristique de la région de Niagara. Il y a travaillé une dizaine d’années et y a tissé un « lien maternel » avec un morse attachant appelé Smooshi. En 2012, il a démissionné, dégoûté par le traitement des mammifères marins en captivité. Dès lors, il s’est transformé en lanceur d’alerte et militant pour la défense des animaux. Et rêve de libérer Smooshi, « la prunelle de [s]es yeux ».

Mais l’histoire est plus compliquée. Comme nous le montre la cinéaste Nathalie Bibeau dans son fascinant documentaire. Depuis qu’il a démissionné de MarineLand, Phil Demers est devenu porte-parole de la cause animalière. Il est allé jusqu’à témoigner au Sénat à Ottawa, contribuant à faire adopter la loi interdisant la captivité des baleines et des dauphins au Canada. Il est très actif sur Twitter, où il est connu sous le nom de Walrus Whisperer. L’homme est charismatique. Il ne refuse jamais une entrevue dans les médias. Bref, c’est une vedette. On comprend pourquoi Bibeau en a fait le sujet d’un film. Et aussi pourquoi la direction de MarineLand le craint tant…

AFFICHE DU FILM FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Le morse et le lanceur d’alerte

Mais le combat de Phil Demers est plus grand que lui. Le morse et le lanceur d’alerte est une fable humaine. Elle raconte les obstacles qu’il faut affronter dans nos quêtes pour la justice, la vérité, la liberté. Comme dans toute fable, il y a des bons et des méchants, mais pas de véritable gagnant ni perdant.

À la fin du film, Phil Demers n’a pas revu Smooshi, toujours en captivité. Et il pleure la mort du fondateur de MarineLand, Jim Holer, le « roi de Niagara ». Le cœur humain est un chasseur solitaire.

★★★★

The Walrus and the Whistleblower (V.F. : Le morse et le lanceur d’alerte). Documentaire de Nathalie Bibeau. 1 h 30.

Offert dès vendredi en ligne sur le site du Cinéma du Parc.