En 1988 au Pérou, une femme enceinte, sans ressources, répond à l’annonce d’une clinique qui promet des soins gratuits aux futures mères. Après l’accouchement, elle doit faire appel à un journaliste afin de connaître le sort d’un bébé qu’elle a mis au monde, mais qu’elle n’a jamais vu…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Lancé l’an dernier à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, puis présenté au Festival du nouveau cinéma de Montréal l’an dernier, ce premier long métrage de Melina León est une belle révélation. La cinéaste péruvienne évoque en effet une page tragique de l’histoire de son pays avec style et simplicité, empruntant une approche qui, parfois, n’est pas sans évoquer quelques influences, notamment celle du cinéaste hongrois Béla Tarr.

S’inspirant d’une histoire que lui a racontée son père journaliste, la cinéaste campe son récit en 1988, alors que le Pérou est en crise sur tous les plans. À travers l’histoire de Georgina, une jeune femme de 20 ans n’ayant aucune ressource, sinon celle des traditions familiales, bellement évoquées au début du film. Après avoir accouché dans une clinique où son bébé lui a été retiré, et devant l’indifférence des autorités, Georgina s’adresse en désespoir de cause à un journaliste, lui aussi en marge de la société, qui, dans un contexte très répressif, fera enquête pour tenter de mettre au jour un réseau clandestin d’adoption internationale.

AFFICHE FOURNIE PAR FILM MOVEMENT

Canción sin nombre, de Melina León

En plus d’une interprétation sans failles (Pamela Mendoza est sidérante dans le rôle de la jeune mère éplorée), Canción sin nombre propose un pari esthétique remarquable grâce à des images en noir et blanc magnifiquement composées, alliées à des choix de mise en scène confinant parfois à la poésie.

Notez que Canción sin nombre est offert sur la plateforme du Cinéma Moderne, uniquement en version originale espagnole avec sous-titres anglais.

★★★½

Canción sin nombre (V.A. : Song Without a Name). Drame de Melina León. Avec Pamela Mendoza, Tommy Párraga, Lucio A. Rojas. 1 h 37.

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