Dix ans après avoir envahi l’Afghanistan et mené une guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts, les troupes de l’armée soviétique plient bagage et rentrent au pays. Mais cela ne se fait pas sans une immense confusion et un sentiment indéniable de défaite.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

De l’invasion soviétique en Afghanistan en 1979, l’Occident a retenu peu de choses, sinon que, menés par les États-Unis, plusieurs pays, dont le Canada, ont boycotté les Jeux olympiques de Moscou en 1980 en guise de représailles.

L’arrivée de ce film russe sur nos écrans est donc plus que bienvenue, ne serait-ce que pour raviver notre mémoire. D’autant plus que le scénario est construit sur des faits réels, à savoir la très confuse retraite de la 108division d’infanterie motorisée. Avant de partir, les membres de celle-ci devaient retrouver le fils de leur général, dont l’avion avait été abattu et qui était maintenant prisonnier des Afghans.

PHOTO FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE

Dans le film, les membres de la 108e vont mettre leur territoire sens dessus dessous pour retrouver le pilote abattu et prisonnier des Afghans.

Dans le film, les membres de la 108vont mettre leur territoire sens dessus dessous pour retrouver ledit pilote, ce qui donne des scènes d’action très crédibles, notamment celles avec des aéronefs.

Pour les combats au sol, plusieurs plans sont tournés caméra à l’épaule. Mieux encore, un des personnages est un journaliste-caméraman travaillant en VHS, et la direction photo a eu la belle idée de filmer des scènes à travers sa lentille, de sorte qu’on passe d’un cadre à l’autre dans la même scène. Très intéressant !

Cela dit, ce n’est pas dans les scènes d’action que l’essence du film se trouve, mais dans la complexité des relations existant au sein d’une même armée et des négociations entre belligérants lorsque les hostilités cessent.

AFFICHE FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE

Quitter l’Afghanistan

Chez les Soviétiques comme chez les Afghans, il y a des clans, des tribus, des ethnies qui ne se font pas confiance. Or, tout ce beau monde doit quand même travailler ensemble. Pour le meilleur comme pour le pire.

En somme, l’ennemi est parfois à l’intérieur même de son propre groupe, et la menace peut arriver de partout. Cela donne à l’histoire un aspect plus réel que nombre de films de guerre américains hyper lisses et dont l’esprit de corps est si parfait.

★★★½

Quitter l’Afghanistan. Drame de guerre de Pavel Lounguine. Avec Aleksandr Kuznetsov, Roman Kolotukhin et Mikhail Kremer. 1 h 54.

> Consultez l’horaire du film