Isolés dans une luxueuse demeure afin d’adapter dans leur langue respective le dernier tome de l’un des plus grands succès de la littérature mondiale, neuf traducteurs se retrouvent dans une situation suspecte quand un pirate — l’un d’eux ? – menace de mettre en ligne tout le roman, moyennant une rançon de 80 millions d’euros.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Le deuxième long métrage de Régis Roinsard nous arrive huit ans après Populaire. Cette fois, le cinéaste délaisse le ton de la comédie légère pour plonger dans une intrigue plus sombre, où réside un suspense qu’on dirait tout droit sorti d’un récit d’Agatha Christie.

En apprenant que 12 traducteurs avaient été enfermés dans un bunker en Italie pour traduire dans le plus grand secret le roman Inferno, de Dan Brown, l’imagination du cinéaste a commencé à s’emballer. Dans son film, neuf traducteurs sont ainsi isolés pendant deux mois afin de travailler sur le dernier tome d’une série littéraire à la Millenium, archi-attendu, il va sans dire. L’ambiance tourne vite à la suspicion au sein du groupe quand une dizaine de pages du roman se retrouvent sur le web et qu’un pirate fait chanter l’éditeur. La fuite doit venir de l’intérieur, il ne pourrait en être autrement.

AFFICHE FOURNIE PAR TVA FILMS

Les traducteurs

À partir de ce très bon point de départ, d’autant plus formidable qu’il évoque un métier dont on parle rarement, Roinsard pousse le bouchon trop loin en orchestrant un récit truffé d’invraisemblances et de revirements improbables. Aussi, cette réunion d’acteurs venus de différents pays rappelle les euro-poudings d’une autre époque et engendre quelques inégalités sur le plan du jeu. Dans le rôle de l’éditeur qui disjoncte, Lambert Wilson trouve même le moyen d’en faire trop.

Riche de promesses, Les traducteurs étiole pourtant notre intérêt comme un livre qui, après quelques bonnes pages, finit par tomber des mains.

★★½

Les traducteurs. Thriller de Régis Roinsard. Avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Riccardo Scarmacio. 1 h 45.

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